top of the lake

top of the lake

mini-série créée par jane campion et gerard lee, int. elisabeth moss, peter mullan, david wenham, holly hunter, jacqueline joe. 6 épisodes de 58′. 2013, 3,5 pouces

le synopsis
dans la petite ville de laketop, en nouvelle-zélande, une fillette de 12 ans, tsui (joe), enceinte de 5 mois, disparaît du jour au lendemain. l’inspectrice robin griffin (moss), …

… revenue d’australie dans sa ville natale pour rendre visite à sa mère atteinte d’un cancer, prend l’affaire en main.

l’avis
ce que robin ne sait pas encore, c’est que l’affaire va faire remonter à la surface des choses qu’elle a elle-même tout fait pour oublier des années plus tôt. d’où le titre de la série qui n’est pas qu’un jeu de mots avec le nom du lieu où se déroule l’histoire, près du lac moke (qui existe vraiment). le « dessus du lac » en question fait référence à la surface d’huile qui le fait ressembler à un miroir, nous renvoyant donc une image rassurante de nous-même, mais qui, sous sa surface, dissimule aussi d’inavouables secrets. secrets qui vont bientôt remonter à ladite surface. c’est donc un titre qui sous-entend l’hypocrisie des petites villes de province: tout va bien tant qu’on ne gratte pas la surface.

or donc ici, à laketop, l’atmosphère est glauque et les habitants sont rustres à souhait. certains ont bien des choses à cacher et l’épais mystère est soigneusement dissimulé à coup de terreur menée par le baron de la drogue locale et ses sbires de fils. le tout est servi par une photo et un étalonnage très « scandinaves », c’est-à-dire aussi froids qu’une pierre tombale un soir d’hiver. si bien que la série instille, d’épisode en épisode, un malaise permanent, voire grandissant. on pense bien sûr à twin peaks, car le calme apparent suffit à créer le malaise et on s’attend à tout moment à voir quelque chose (le mal?) surgir. mais l’angle de jane campion n’est pas du tout celui de david lynch. ici, on se rapproche plus d’un polar genre the killing que d’un fantastique barjot et kitsch. n’attendez aucune bifurcation vers le fantastique, l’histoire restera « juste » sordide jusqu’à la fin. finalement, pourquoi aller chercher des explications surnaturelles quand le quotidien n’est pas avare en sordidité.

cela dit, malgré d’indéniables qualités, cette mini-série est un peu décevante. un rythme volontairement lent cadrant avec l’absence de vie apparente, des personnages pas mal écrits mais sans grand relief, à l’instar de celui que joue elisabeth moss, transfuge de mad men qui, à part un pétage de plombs, est à peu près aussi expressive qu’un porte-serviettes (le seul à tirer son épingle du jeu est peter mullan), un dénouement un peu abracadabrant sans grand rapport avec le reste de la série et l’envie de se dire deux choses à la fin du 6ème épisode: 1. et? 2. tout ça pour ça?

la réalisatrice a démenti les rumeurs selon lesquelles il y aura une deuxième saison. je lui conseillerais humblement de poursuivre quand même l’aventure, histoire de ne pas laisser à ses fans un léger arrière-goût amer d’inachevé.

à propos de 6ème et dernier épisode, le coffret en compte effectivement 6, mais j’ai vu sur le net que la série en compterait 7… quid? quelqu’un aurait-il l’amabilité d’éclairer la lueur souffreteuse de ma modeste lanterne?