les beaux jours

les beaux jours

réal. marion vernoux, scénario fanny chesnel et marion vernoux, d’après le roman de fanny chesnel une jeune fille aux cheveux blancs, int. fanny ardant, laurent lafitte, patrick chesnais, jean-françois stévenin, fanny cottençon, catherine lachens. 2013, 95′. 3 pouces.

le synopsis
dentiste fraîchement retraitée et la soixantaine pimpante, caroline (ardant) s’ennuie et ne sait quoi faire de ses journées. elle s’inscrit à des cours dans un club pour retraités: les beaux jours. elle y rencontre julien (lafitte)…

… et, bien que mariée avec philippe (chesnais), entame une liaison avec lui…

l’avis
sujet assez casse-gueule car parsemé, si l’on y prend garde, de lieux communs et d’idées préconçues, l’infidélité féminine est assez rarement traitée au cinéma. et il fallait le point de vue de femmes pour l’aborder avec une certaine délicatesse mais sans compromis. le personnage de caroline est en effet à mille lieues des clichés de la cougar se tapant des hommes de vingt ans ses cadets. c’est une femme active qui se retrouve seule, et angoissée, face au désoeuvrement potentiel de la retraite.

comment elle passe d’un club pour retraités ennuyeux à mourir de prime abord au lit d’un homme beaucoup plus jeune qu’elle est tout sauf prémédité. car caroline est le genre de femmes qui se laissent charmer par le hasard, aventureuse sans forcément le chercher, et qui se surprend, en cours de route, à être aussi aventurière. mais plus par circonstance que par caractère. manque de chance, elle tombe sur un homme jeune qui a une addiction au sexe. elle n’est donc pas la seule, et de loin, dans la vie de julien, et perd vite ses illusions romantiques. finalement, cette aventure plus physique qu’amoureuse redonnera un coup de pouce au couple qu’elle forme avec son dentiste de mari. et c’est très bien comme ça…

à ce propos, chesnais interprète un rôle qui lui va comme un gant, celui d’un homme sans illusions, limite cynique parfois, qui (ap)prend les choses avec recul et a l’élégance de dissimuler sa sensibilité et ses sentiments derrière une distance et une philosophie qui ne sont finalement qu’apparence. sans illusions ni effusion, mais toujours amoureux, la noblesse de l’âge selon chesnais. j’adore!

le film est tourné dans le nord de la france, à dunkerque, région aux paysages dépouillés, et donc assez cinégéniques, mais dont la neutralité confine parfois à la mélancolie, voire au malaise. une ambiance très « pousse-au-crime », finalement. et une petite ville où tout le monde finit toujours par être au courant d’une aventure adultère, malgré toutes les précautions que prennent les amants. s’ils ne sont pas surpris pour julien, en revanche pour caroline…

cela dit, personne ne semble vouloir la juger, ce qui donne aux personnages une humanité bienvenue et au film un aspect plus de comédie dramatique que de drame.

agréable moment que ce petit film…