12 years a slave

12 years a slave
réal. steve mcqueen, scénario john ridley, d’après le roman de solomon northup, int. chiwetel ejiofor, benedict cumberbatch, michael fassbender, paul dano, lupita nyong’o, sarah paulson, paul giamatti, garret dillahunt, alfre woodard, brad pitt. 2014, 134′. 3,5 pouces

le synopsis
1841, l’amérique connaît encore l’esclavage. musicien né d’un père affranchi, et donc homme libre, solomon northup (ejiofor) est un jour…

… kidnappé et vendu comme esclave. il restera 12 ans en captivité jusqu’à ce qu’un abolitionniste du nom de bass (pitt) lui vienne en aide.

l’avis
solomon northup fut l’un des rares hommes noirs libres à avoir vécu l’esclavage. le film est une sorte de biopic car il est tiré du récit, authentique, que cet homme, dont la vie a basculé du jour au lendemain, a fait paraître peu de temps après son retour à la vie « civile ». assez fidèle aux épisodes qu’il a vécus, le scénario évite l’écueil du pathos, même s’il y aurait largement eu matière. northup a même tenté d’attaquer en justice l’homme qui l’avait vendu comme esclave. mais il n’obtiendra pas gain de cause car à l’époque, les noirs n’avaient pas le droit de poursuivre les blancs. northup a de nouveau disparu du jour au lendemain quelques années après son retour et nul ne sait où ni quand ni comment il est mort. vengeance? représailles? l’a-t-on de nouveau kidnappé? est-il mort en captivité ou assassiné? mystère. quoi qu’il en soit, le film est poignant et pas du tout sentimentaliste. c’est un plaidoyer pour la cause des noirs dont les blancs, la plupart du temps de petits êtres frustrés et violents qui usaient et abusaient de leur « propriété », sur laquelle il s’arrogeait le droit de vie ou de mort. northup tombera sur un maître compatissant mais hypocrite (cumberbatch, pour une fois dans un rôle de gentil), mais sera revendu à edwin epps, un maître violent et extrêmement sévère (un « casseur de nègres », fassbender dans un rôle « sale » assez éloigné des personnages lisses qu’il interprète d’habitude). northup y rencontrera patsey (nyong’o), une petite esclave qui ramasse deux fois plus de coton que les hommes mais fait l’objet du désir contrarié de son maître (essentiellement par sa femme, paulson bien salope). du coup, elle en subit les foudres injustes et ne pense qu’à mourir pour échapper à cette souffrance (soit dit en passant, je trouve que nyong’o ne méritait pas un oscar, son rôle n’étant pas assez important et son interprétation pas sidérante). le film décrit bien, même si ce n’est ni le premier ni le dernier à le faire, les maltraitances, les tortures et les meurtres, commis en toute impunité, dont furent victimes ces pauvres femmes et ces pauvres hommes pendant des années. en voyant ça, je me suis pris à regretter de faire partie de la race humaine, cette même race qui est capable d’accomplir des choses si belles et si nobles.

à voir, bien sûr…