edge of tomorrow

edge of tomorrow

réal. doug liman, scénario christopher mcquarrie, jez butterworth, john-henry butterworth, d’après le roman de hiroshi sakurazaka all you need is kill, int. tom cruise, emily blunt, bill paxton, brendan gleeson, charlotte riley, noah taylor, lara pulver. 2014, 113′. 4 pouces.

le synopsis
dans un avenir proche, envahie par une race extraterrestre extrêmement agressive, la terre est promise à une extinction certaine. le commandant bill cage (cruise), spécialiste des communications qui n’a jamais combattu, est enrôlé…

… de force dans une mission-suicide. il est tué en quelques minutes sur le champ de bataille mais se « réveille » l’instant d’après dans la caserne où tout a commencé… pour tout recommencer. encore et encore…

l’avis
l’histoire est tordue mais claire, l’action est violente mais jouissive, l’armée est omniprésente mais ce n’est pas un film militariste, le récit se déroule dans un avenir proche mais ce n’est pas de la science-fiction (en tout cas pas selon ma définition), bref si edge of tomorrow est assez inclassable, il s’inscrit bien dans une angoisse très « d’époque »: des extraterrestres agressifs (la crise économique et sociale, la montée des extrêmes, les conflits religieux, etc.) face auxquels l’humanité se bat en vain. heureusement, la guerre qui semble perdue d’avance trouvera une issue heureuse grâce à la ténacité d’un homme et à la créativité innée de l’être humain.

le levier de cette créativité dans cette histoire, c’est la même boucle temporelle que le personnage principal revit à l’infini. pour cela, il lui « suffit » de mourir pour repartir pour un tour et… comprendre, réfléchir, convaincre, modifier le cours des événements, adapter sa stratégie, bref s’améliorer dans le but de trouver une solution. et il découvre que cette capacité lui a été transmise par le sang d’un alien qu’il a tué juste avant de mourir la première fois. du coup ce sang, qui fait désormais partie de son adn, lui donne le même don que les aliens: pouvoir revivre la même boucle temporelle afin de percer la stratégie ennemie et de vaincre son adversaire en ayant toujours un coup d’avance. le procédé de répétition est utilisé avec beaucoup de finesse – et un montage très efficace – afin d’éviter la monotonie et introduit même dans le récit une certaine dose d’humour. sans aller jusqu’à un jour sans fin qui était une comédie, le scénario se nourrit d’un principe similaire, à ceci près, bien sûr, que le personnage doit absolument mourir s’il veut s’améliorer. tout surarmé, surpuissant et quasiment invincible qu’il est, l’adversaire a toujours un point faible. la morale de l’histoire, c’est que pour vaincre son ennemi, il faut comprendre sa stratégie, se battre sur son terrain et utiliser ses armes. ainsi équipé, l’homme n’est finalement pas plus con qu’un alien. lol

le personnage que joue cruise est un type ordinaire, un peu lâche, ex-publicitaire (MDR), qui a vendu son agence (son âme au diable?) pour bosser dans l’armée, bref un sale con, diront ceux qui ne peuvent pas piffer les pubeux, et qui se retrouve être bien malgré lui (c’est toujours comme ça) le seul espoir de l’humanité. il dirait n’importe quoi pour ne pas avoir à se battre, et voilà qu’il se retrouve à revivre cette bataille sanglante à l’infini. chaque fois qu’il se « réveille », son pire cauchemar recommence.

vachement bien. à voir, évidemment. encore. et encore…

brèves de coulisses…
hiroshi sakurazaka, l’auteur du roman, a été invité sur le tournage et a pu essayer un exosquelette. utilisé comme figurant dans une scène, il a déclaré qu’il était épuisé au bout de dix prises, rien qu’à se tenir immobile. il faut dire que les costumes pesaient plus de 40 kilos. tom cruise, qui n’en est pas à son coup d’essai dans la science-fiction (il a d’ailleurs enchaîné la fin de la production d’oblivion avec la pré-production de edge of tomorrow), est en passe de faire oublier ses débordements scientologues d’il y a quelques années en choisissant soigneusement ses scénarios et en interprétant des personnages auxquels le public peut facilement s’identifier. malin le gars, mais indéniablement talentueux. il a déclaré avoir été impressionné par la performance physique d’emily blunt, qui s’était entraînée 5 mois avant le début de la production et avait déclaré quant à elle n’avoir jamais vécu de tournage aussi exigeant. une partie du film a été tournée dans les studios de leavesden, au nord de londres, où ont été tournés les films de la saga harry potter. la plage pour les séquences de la bataille, tout comme une partie de l’aéroport de heathrow, ont été reconstituées à l’extérieur de ces immenses studios de la warner. leavesden se trouve tout près de st-albans, où j’ai passé un an de ma vie il y a 30 ans. dire qu’à quelques années près, j’aurais pu assister à ces tournages. grrrr. le scénariste christopher mcquarrie a scénarisé deux longs-métrages où tom cruise tenait la vedette: walkyrie (2009), sorti peu de temps après ses histoires avec l’église de scientologie,et, plus récemment, jack reacher (2012). doug liman, quant à lui n’est pas familier de la sf mais de l’action. il avait avant cela réalisé notamment l’un des volets de la saga jason bourne (la mémoire dans la peau, 2002) et mr. & mrs smith (2005). les exosquelettes sont de retour. ils avaient fait leur apparition dans robocop, bien sûr, puis dans aliens – on se souvient du combat mémorable de ripley avec la reine des aliens, pacific rim, wolverine et elysium, pour ne citer que ceux-là.