hitchcock

hitchcock

réal. sasha gervasi, scénario john j. mclaughlin, d’après le roman de stephen rebello, int. anthony hopkins, helen mirren, scarlett johansson, danny huston, toni collette, jessica biel, james d’arcy, michael wincott. 2013, 98′. 3,5 pouces

le synopsis
1959, alfred hitchcock (hopkins) est au sommet de sa carrière. il s’intéresse à l’histoire du tueur en série ed gein (wincott) et décide d’en faire le sujet de son prochain film. tout le monde…

… tente de l’en dissuader et, devant le refus des producteurs de le financer, se voit contraint de le financer lui-même…

l’avis
le film est un biopic sur la partie que stephen rebello (l’auteur du roman dont est tiré le film) a jugé la plus intéressante de la vie du cinéaste britannique. il démarre en 1959, au moment de la sortie de la mort aux trousses, une étape-clé de la vie artistique du cinéaste qui comptait déjà 46 films et une série tv à son actif.

la vie privée du cinéaste et son couple sont donc au centre de l’histoire. alors jeune monteuse, alma reville (mirren) rencontre alfred hitchcock (hopkins) en 1926 et restera mariée avec lui 54 ans. malgré son importance sur les productions du maître, elle n’assistera jamais au tournage d’aucun de ses films. d’un physique ingrat et d’une attitude hautaine qui ne lui valaient pas les faveurs de la presse, personnage complexe qui devait beaucoup à son épouse et collaboratrice mais l’oubliait très souvent, cherchant dans ses actrices un idéal de blonde qu’il martyrisait à l’envi durant les tournages (la scène de la douche, avec janet leigh, a été tournée en 7 jours, celle du grenier dans les oiseaux, avec tippi hedren, en 5), hitchcock est dépeint comme un homme brillant mais exclusif et obsessionnel, même s’il faisait preuve d’humour.

en bon créateur, celui que l’on surnomme le maître du suspense cherche constamment à se renouveler, à retrouver l’enthousiasme de sa jeunesse. il tombe sur un fait divers, un tueur en série nécrophile, et décide que son prochain métrage sera « un film d’horreur réalisé pour une fois par un bon metteur en scène ». personne ne le suit, pas même sa femme alma, et encore moins les producteurs. comme tout vrai créateur, il est donc d’abord incompris. mais il va se battre, contre vents et marées, allant jusqu’à hypothéquer sa maison, pour réaliser psychose. et le film deviendra son plus grand succès.

c’est le compositeur bernard hermann qui soufflera (on l’apprend dans le film) à hitchcock l’idée d’ajouter de la musique sur la séquence de la douche. à l’origine, le réalisateur voulait qu’elle soit entièrement silencieuse, mais le son strident des violons, devenu culte depuis, a fini par convaincre le maître.

boudé par une critique et une presse américaine qui ne l’aimait pas mais devait bien reconnaître son talent, hitchcock ne recevra jamais d’oscar, tout juste un prix pour l’ensemble de sa carrière en 1979, trois ans après son dernier film (complot de famille). il tournera 6 films après psychose mais ne réussira jamais à égaler le succès de son film emblématique.

à l’exception de james d’arcy, bluffant en anthony perkins, les actrices castées pour incarner les acteurs de l’époque ont des traits trop « contemporains » pour être crédibles, à l’instar de scarlett johansson, bien trop pulpeuse par rapport à la beauté « femme » de janet leigh, même si elle a, lors de la préparation de son rôle, obtenu l’aide de jamie lee curtis, l’une des filles de l’actrice disparue, qui a mis à sa disposition de nombreuses archives familiales.de même, on peine à retrouver le glamour très lisse et très fifties de vera miles dans le visage de jessica biel. sans parler d’anthony hopkins, qui ne m’a pas une seconde fait croire qu’il était alfred hitchcock. pendant toute la projection, je n’ai vu que hopkins portant des prothèses.

à part ça, le film est très plaisant et se laisse regarder sans bouderie.