the call

the call

réal. brad anderson, scénario richard d’ovidio, int. halle berry, abigail breslin, morris chestnut, michael eklund, roma maffia, josé zuniga, michael imperioli. 2013, 95′. 3 pouces.

le synopsis
jordan turner (berry) travaille au service des urgences – le fameux 911 – de los angeles. un soir, elle reçoit un appel d’une jeune femme qui est en train d’être cambriolée. jordan fait alors…

… une erreur et son interlocutrice est enlevée, puis tuée…

l’avis
l’opératrice a fait une erreur qui a coûté la vie à une jeune femme. six mois plus tard, traumatisée, elle est désormais formatrice. mais un jour, alors qu’elle est en train de faire la visite des lieux à des nouvelles recrues du service, une opératrice reçoit l’appel d’une jeune fille qui vient de se faire enlever et qui téléphone depuis le coffre d’une voiture. devant la paralysie de l’opératrice, jordan prend le relais et voit là une chance de se racheter.

archi-rabâché, le thème central du film est donc celui que les (scénaristes) américains affectionnent tout particulièrement: le droit à une seconde chance.

l’un des intérêts de l’histoire est de faire pénétrer le spectateur dans le quotidien des opérateur et -trices des urgences. leurs outils, leur manière d’enregistrer les plaintes en tapant les faits en même temps qu’ils les entendent, de répondre à des situations de très grand stress avec le plus grand calme, la gestion de personnes souvent paniquées en situations de crise… impressionnant.

et celle qui est décrite dans le film est propice à créer un suspense d’enfer. le méchant est chlagué du galetas, même si on ne comprend pas tout de suite ses motivations. et quand on les comprend, on se dit qu’il est vraiment grave chlagué du galetas. et qu’en plus, c’est le même mec qui agit, à six mois d’intervalle (justifiant l’intervention de l’héroïne). si bien que le dénouement est assez jouissif, même s’il est un peu court et qu’un réalisateur indépendant serait sans doute allé plus loin. mais le film aurait, du coup, été interdit aux moins de 16, voire 18 ans.

que voulez-vous, il y a d’un côté la morale d’un film, qui se doit d’être politiquement correcte (les victimes ne doivent pas se comporter en criminels sous prétexte de vengeance), et d’un autre côté l’argument commercial qui pèse souvent lourd face aux investissements consentis. or il est évident qu’un film tous publics, touchant par définition plus de monde, a des chances de rapporter plus d’argent qu’un film classé x (interdit aux moins de 18 ans), dont la diffusion sera plus confidentielle, et donc le succès plus limité en termes financiers (ce qui n’a rien à voir avec le retentissement potentiel qu’il pourra connaître).

le film repose sur une histoire véridique que le scénariste a recueillie auprès d’opérateurs du centre. le film devait s’appeler the hive (la ruche, surnom donné au centre), mais c’est the call, plus explicite, qui a finalement été choisi. à ce propos, je ne sais pas ce qu’ont les distributeurs à insister lourdement sur les titres anglais pour le marché français. l’appel « passait moins bien », « aurait moins fait genre suspense », « parce que ça passe mieux en anglais »? bande de débiles.

en résumé, pas le meilleur thriller du genre mais assez un bon petit suspense, bien nerveux et angoissant, à voir en suçotant un magnum (pas le flingue, la glace).