le hobbit: la désolation de smaug

le hobbit - la désolation de smaug

réal. peter jackson, scénario et adaptation fran walsh, peter jackson, philippa boyens, d’après le roman de j. r. r. tolkien, int. martin freeman, richard armitage, ian mckellen, benedict cumberbatch, lee pace, orlando bloom, evangeline lilly, luke evans. 2014, 161′. 3,5 pouces.

le synopsis
poursuivant son voyage en compagnie des nains et de gandalf le magicien (mckellen), le paisible hobbit bilbon sacquet (freeman) se rend…

… dans la montagne (ne me demandez pas le nom) pour rendre aux nains le trésor détenu par le terrible dragon smaug (cumberbatch).

l’avis
je vous le dis tout de go, je ne suis pas spécialement fan de la saga du hobbit, pas plus que du seigneur des anneaux. contrairement aux passionnés qui ont crié au crime de lèse-majesté, que jackson avait étiré sur trois films (au début ce devait être un dyptique et cet épisode, le dernier, devait s’appeler histoire d’un aller et retour) une histoire écrite en un seul volume, et cela pour des raisons commerciales (trahissant par là même l’esprit du roman de john ronald reuel tolkien), je ne connaissais pas l’histoire et ne courais donc de risque que celui de m’ennuyer par le fait d’un scénario mal ficelé, comme disent volontiers les shibaristes. j’ai donc visionné ce film ddg, l’esprit frais et dépourvu de tout a priori. et vous savez quoi? je l’ai trouvé pas mal, moins ennuyeux que le premier, avec un bon vieux dragon bien méchant et bien effrayant à souhait, des grosses naraignées bien dégueu, des vilains orques tous plus laids les uns que les autres (pas un pour relever l’autre) et des proportions que tu te demandes comment ils font pour faire cohabiter, dans un même plan, des hobbits, des nains et des humains (richard armitage, qui interprète le nain écu-de-chêne, mesure 1m89, et ian mckellen, le magicien gandalf, 1m80, lol).

certes au début de chaque plan, les travellings impressionnants partant d’un plan général pour se terminer sur un plan moyen, histoire de montrer les jolis décors réels (très peu) ou en synthèse (comme le village, la forêt noire, la montagne, l’antre de smaug, le village des elfes, etc., etc.), tournent un peu au procédé car ils sont systématiques. certes, il faut aborder l’histoire avec un minimum d’intérêt et d’esprit « jeune » car sinon, comme pour harry potter où chaque endroit est improbable et chaque nom imprononçable, on se perd vite dans les méandres labyrinthiques du « where the hell are we? » et du « but who the fuck is this little guy? ». un conseil: oubliez le yoghourt. passé ce prérequis, on peut visionner le film avec un plaisir relatif. j’ai lu les trois tomes du seigneur des anneaux et j’ai compris en 10 minutes (au début du premier film) ce que j’avais péniblement mis 100 pages à comprendre. donc j’aurais tendance à faire confiance à jackson et à ses scénaristes pour faire une bonne explication de texte, quitte à s’affaler là où sieur tolkien ne s’était point étendu.

donc, un peu long, mais bon moment d’heroic fantasy.

brèves de coulisses…
il y a partout des acteurs dont on a le nom au bout de la langue sous leurs oreilles pointues d’elfe ou d’autres qu’on ne reconnaît pas derrière leur maquillage de nain (surtout qu’ils sont plus petits que tout le monde). mention spéciale à benedict cumberbatch – que l’on voit, façon de parler en l’occurrence, décidément partout depuis quelque temps – qui prête ici sa voix au dragon, une voix dépitchée pour l’occasion car je ne lui sache pas une voix si grave et caverneuse quand il fait son sherlock. ben oui, je l’ai moi-même fait pour une pub, je peux vous dire qu’on n’imagine pas la voix qu’on peut avoir quand elle est dépitchée. mais peu importe, l’effet est réussi car saisissant. la version française ne démérite pas non plus, avec jérémie covillault et son timbre d’outre-tombe (sans doute trafiquée un peu elle aussi), qui était notamment la voix de bane (tom hardy) dans the dark night rises. martin freeman a failli ne pas être le hobbit du titre, pour cause d’emploi du temps compliqué (avec le tournage de sherlock). mais quand on veut on peut et peter jackson voulait l’acteur. le tournage des deux premiers volets (achevé en juillet 2012) a duré 266 jours, soit 8 de moins qu’il n’en avait fallu pour achever les trois volets du seigneur des anneaux. les caméras utilisées ici tournent à la vitesse de 48 images/seconde (au lieu des traditionnelles 24), ce qui augmente la sensation de réalité. orlando bloom, qui interprète l’elfe legolas, est plus âgé que lee pace, qui interprète thranduil (ne me regardez pas, je n’y suis pour rien), son père. l’elfe femelle tauriel (lilly) n’existe pas dans le roman de tolkien, pas plus qu’une quelconque histoire d’amour avec legolas. comme alfred hitchcock et stan lee, peter jackson fait une apparition dans ce film: plus précisément à la toute première seconde de la première minute, en villageois.