11.6


réal. philippe godeau, scénario philippe godeau et agnès de sacy, int. françois cluzet, bouli lanners, corinne masiero, stephan wojtowicz. 2013, 102′. 3 pouces.

le synopsis
l’histoire vraie (et actuelle) de toni musulin (cluzet), convoyeur de fonds qui a…

… défrayé la chronique en 2009 en détournant son fourgon qui contenait 11,6 millions d’euros.

l’avis
pourtant bien mis en scène et très honnêtement interprété, et malgré son souci quasi documentaire, affiché par le réalisateur, de coller au plus près au personnage de musulin, le film n’est finalement qu’un gros coup de pub pour un mec qui n’a rien fait d’autre qu’endoffer un système qui, selon lui, l’a poussé à bout. très vite considéré comme un héros du 21ème siècle (qui est le con qui a sorti ça?), très soutenu par des internautes et une opinion publique toujours prompts à prendre le parti des faibles contre le méchant capital, ce gars a eu le culot, l’intelligence pourrait-on se risquer à dire, de se rendre à la justice et d’indiquer aux enquêteurs où il avait caché le magot. hic: il manque au butin 2,5 millions d’euros et musulin déclare ne pas savoir où ils sont. il purge depuis 2010 une peine de 5 ans de prison dans la région lyonnaise. à l’isolement, ça va sans dire, histoire de ne pas subir de pressions. le film est moins l’histoire d’un casse que celle d’un homme taiseux qui, pourtant irréprochable dans son travail, passe un beau jour à l’action.

il y a ceux qui vont le défendre, comme c’est déjà le cas. perso, j’ai plutôt vu dans ce personnage, tel qu’il est dépeint dans le film, un type au caractère refoulé et frustré de ne pas gagner assez d’argent pour concrétiser ses rêves et qu’une frustration de plus va pousser à se rebeller contre sa hiérarchie et le système. pour moi, il est évident qu’il a caché ces 2,5 millions d’euros dans l’espoir de les dépenser progressivement à sa sortie de prison. je pense qu’il se croit très malin et qu’il estime pouvoir continuer à duper son monde longtemps. je pense aussi qu’il n’est pas sorti de l’auberge et qu’il se prépare un avenir mouvementé.

ce film a dû rencontrer quatre catégories de spectateurs: ceux qui étaient sur mars au moment des faits et qui ont voulu se rattraper; ceux qui n’étaient pas nés à l’époque et qui ne comprendraient de toute manière rien aujourd’hui (étant âgés d’à peine 2 ans); les imbéciles qui pensent que musulin est un robin des bois des temps modernes (vous pensez vraiment qu’il va vous donner une part du butin?); les cinéphiles curieux éprouvant une vive sympathie pour cluzet, ce qui est d’autant plus louable que j’en fais partie.

tout ça pour dire que je suis sur ce film d’un avis partagé – tendance bof quand même -, ce qui peut paraître intellectuellement compliqué à gérer mais qui est parfaitement supportable pour le gémeau que je suis. lol