the ryan initiative

The ryan initiative

réal. kenneth branagh, scénario david koepp & adam cozad, int. chris pine, kevin costner, keira knightley, kenneth branagh, colm feroe. 2013, 106'. 2,5 pouces.

le synopsis
ancien marine et brillant analyste financier, jack ryan (pine) est recruté par la cia pour…


… déjouer un complot terroriste russe visant l'amérique et, au-delà, tout le système capitaliste…

l'avis
je suis sûr que les romans de tom clancy (que je n'ai pas lus) sont un peu mieux fichus et surtout un peu plus intelligents. et pourtant, david koepp (la mort vous va si bien, jurassic park, mission impossible, snake-eyes, spider-man, etc.), est très loin d'être le premier venu en matière d'écriture scénaristique. mais autant la base de l'histoire est tout à fait crédible et serait particulièrement effrayante si elle venait à se réaliser, autant la neutralisation dudit complot est un tantinet capillotracté.

certes, le gars est un ancien marine, ce qui explique qu'il court vite et ne "lâche jamais rien" comme on dit de nos jours, et il est super-intelligent, ce qui explique qu'il résout l'affaire en deux coups de cuillères à pot, comme disent les bébés dans les crèches. or autant ça plaît aux bébés (le coup des cuillères à pot), autant là, on n'y croit pas une seconde.

il trouve en 10 minutes (mdr) l'agent dormant sur le sol américain – à ce propos, dans les films, les communications vont toujours à la vitesse de l'éclair, genre "jack, je t'envoie maintenant le fichier, il devrait apparaître sur ton… c'est bon je l'ai!", alors que dans la vraie vie, rien que pour avoir les horaires des bus, ça met toujours des plombes à se charger (quand ça veut bien), le temps que 30 bus soient déjà passés – il devine où se cache le gars en question (le coup de la peinture fraîche sur le van de la police dans le chaos du financial district à manhattan, c'est très fort), et les forces de police arrivent à le rejoindre dans un merdier monstre et alors que les communications sont interrompues. bref, du grand art ou, comme je dis toujours, la magie du cinéma. sauf que cette magie-là a des allures de simili-foutage de gueule. total, on n'est pas dans le truc une nano-seconde, et dieu sait si ça passe vite, une nano-seconde.

au final, je serais vous, j'éviterais…

brèves de coulisses…
branagh est assez crédible en russe (normal, c'est un bon). knightley devrait grossir un peu, son côté anorexique-à-gifler est assez insupportable (et dire qu'elle est l'égérie de chanel, mais comment a-t-elle fait?) pine interprète pour une fois un mec pas trop immature, contrairement à presque tous ses autres rôles. c'est le 4ème à endosser les frusques de jack ryan, après alec baldwin, harrison ford et ben affleck. à l'origine, costner avait refusé le rôle qui fut dévolu à baldwin. ne vous laissez pas tromper par le titre anglais: en fait, le titre original est jack ryan: shadow recruit. encore un coup des ptits gars du marketing pour attirer les foules sur le modèle de jason bourne. les scénaristes koepp et cozad ont refusé de s'enfermer dans une histoire de clancy, préférant inventer quelque chose de nouveau (ils auraient mieux fait de s'enfermer), clancy qui est décédé le 1er octobre 2013 à l'âge de 66 ans, et pour qui ce film aura été le dernier qu'il aura supervisé. après avoir réalisé le premier volet de thor, branagh semble prendre goût aux blockbusters. mais il n'était pas censé réaliser ce film. une partie des scènes d'action se déroulant à moscou ont en réalité été tournées à… (roulement de tambour, kshhhhh!) liverpool.