homefront

Homefront

réal. gary fleder, scénario sylvester stallone, int. jason statham, james franco, winona ryder, kate bosworth, izabela vidovic, kate lefevre, frank grillo, omar benson miller, clancy brown. 2013, 100'. 3 pouces.

le synopsis
agent de la dea (les stup américains), phil broker (statham)…


… démissionne après une opération qui a mal tourné et part vivre en louisiane avec sa fille. mais deux ans plus tard, le passé le rattrape…

l'avis
ce film ne présente d'intérêt que pour les râclées que statham distribue aux méchants, comme il en a désormais l'habitude dans ses films. sa carrière pourrait d'ailleurs se résumer à trois mots: monsieur bourre-pif. jouissif et défoulant car on se prend à s'identifier vachement, au détour de mandales que j'appelerais "définitives", assenées avec rapidité et précision, et dont lui seul a le secret. à ce titre, on retiendra plus particulièrement les séquences de la station-service et de la grange.

à part ça, il faut se rappeler que c'est sylvester stallone qui a écrit le scénario et qui produit le film. or stallone, c'est connu, ne fait pas dans le film d'auteur. qu'il soit devant ou derrière la caméra, son cinéma milite pour le retour du héros à l'ancienne et défend le droit à la tranquillité, même s'il faut pour ça foutre un bordel monstre, même s'il faut se montrer violent. oeil pour oeil, monsieur sylvestre prend fait et cause pour la légitime défense, même si la démarche peut se révéler critiquable et que l'on ne sait jamais vraiment si le bonhomme est violent "par nature" ou s'il l'est "par hasard". dans une amérique où fait rage le débat sur le bien-fondé du droit constitutionnel à détenir des armes et à s'en servir (surtout sur des enfants), stallone choisit clairement son camp. d'autant qu'il plante son histoire au beau milieu d'une amérique profonde, là où les étrangers ne sont jamais les bienvenus, où les gens s'enflamment comme des éjaculateurs précoces et ne se réconcilient jamais vraiment. du coup, même s'il est souvent difficile à déterminer, le concept de légitime défense se justifie pleinement et donne raison, en l'occurrence, à tous les partisans de la nra.

résultat, le coup du gars qui se montre violent parce qu'il doit se défendre, lui et sa fille (et qui le fait très bien parce que c'était son job) devient parfaitement acceptable, les autorités lui offrant même leur appui. tout va bien, alors. pour un peu, homefront aurait des allures de pamphlet politique. n'exagérons pas tout de même. plus linéaire, c'est difficile, mais stallone le fait avec une lueur de nuance: ça cogne et ça canarde "quand ça doit" (tu parles d'une nuance lol).

cela dit, j'aime le gars statham. ce mec m'est foncièrement sympathique, même si ses films sont très basiques. donc homefront n'est pas du grand cinoche, mais je me suis quand même un peu marré. une mention spéciale à kate bosworth en mère de famille junkie surexcitée, qui s'est tellement impliquée dans son rôle qu'elle s'est retrouvée en état de fatigue intense, au point que sa voix a changé en cours de tournage. autre mention à james franco en "gros bras face à des faibles" mais en "lopette face à de vrais mecs", qui a vécu une année 2013 fructueuse (plus de dix films au total). à noter enfin la présence d'un certain chuck zito, interprète de danny turry (turry? ça ne s'invente pas pour un criminel), chef du gang des bikers. l'acteur est en fait un ex-boxeur, ex-membre des hell's angels et ex-prisonnier, qui a été le garde du corps de célébrités, dont stallone. un rôle qui lui allait donc comme un gant. et pour celles et ceux qui se demanderaient ce que signifie le titre, il peut se traduire par "chez nous", "à la maison", mais dans un sens militaire, presque guerrier (ce n'est pas un hasard) de front intérieur, d'intérieur des terres, presque d'amérique profonde.