tunnel

Tunnel

réal. dominik moll, scénario ben richards, dominik moll, int. clémence poésy, stephen dillane, jeanne balibar, mathieu carrière, thibault de montalembert, angel coulby, keeley hawes, caroline proust, thierry frémont, tom bateman. 2013, 10 épisodes de 42'. 3,5 pouces.

le synopsis
dans le tunnel sous la manche, le corps d'une politicenne en vue est retrouvé coupé en deux à…


la frontière exacte entre la france et l'angleterre. l'enquête doit donc être menée conjointement par les polices française et britannique. mais les deux parties du corps n'appartiennent à la même femme…

l'avis
dominik moll (harry un ami qui vous veut du bien, 2000, le moine, 2010, entre autres) et ses scénaristes nous convient à un thriller bien fichu dans lequel les deux principaux protagonistes, la française élise wassermann (poésy) et l'anglais karl roebuck (dillane) vont être particulièrement malmenés de part et d'autre de la manche à la poursuite d'un anonyme auto-surnommé le "terroriste de la vérité".

cette première saison est assez haletante. l'histoire et les personnages sont bien écrits. si bien que le suspense reste entier jusqu'au dernier épisode. malheureusement, le final est décevant. resucée de se7en dans l'approche (comment le mec savait-il, quand il a commis ses crimes il y a des mois, que ce serait roebuck l'enquêteur?), le dénouement tombe totalement à plat par une explication des plus banales. on dirait qu'ils ont changé de scénariste avant la fin de la saison. dommage car tout le reste était très prometteur. je pensais également que le dernier épisode inclurait un cliffhanger, mais non, tunnel fait coïncider la fin d'une saison avec la fin d'une enquête, un peu à la manière d'engrenages.

il faut savoir que cette série s'inspire d'une série américaine intitulée the bridge (avec diane kruger, 2013), elle-même inspirée d'une série suédo-danoise intitulée bron (2011) dont le postulat est identique, à ceci près que le corps est retrouvé sur un pont au lieu d'un tunnel. le format de la série (10 épisodes) oblige les auteurs à ciseler personnages et situations de façon à ce que le spectateur soit immergé le plus vite possible. le personnage du capitaine élise wassermann possède un mélange d'instinct et d'intelligence. limite autiste, elle crée une surprise constante auprès d'un entourage qui pourtant la connaît mais force le respect par son esprit d'analyse et sa rapidité de décision. la comédienne la décrit: "c'est un personnage unique qui a un rapport frontal, presque enfantin, à la vérité, sauf qu'à la différence d'un enfant, elle ne se laisse jamais déborder par la moindre émotion." on pense au personnage d'eli loker (brendan hines) dans lie to me, qui lui aussi disait toujours la vérité, quelles qu'en soient les conséquences, mais en beaucoup plus cocasse. élise wassermann regarde la vie et les faits avec une objectivité glaçante et déroutante. ce côté glacial ne la rend pas frigide pour autant, en témoignent quelques scènes plutôt chaudes. karl roebuck, son homologue anglais, est lui beaucoup plus cool. l'homme a déjà un certain âge, on le devine un peu usé par des années de filatures et d'enquêtes difficiles, on le découvre sage, chaleureux et humain, avec ses failles et ses faiblesses. les deux personnages sont interprétés avec beaucoup de justesse par les deux comédiens qui sont loin d'être des débutants. clémence poésy n'a que 31 ans et a pourtant une longue carrière à son actif, et pas seulement en france. elle a par exemple été la magicienne française dans deux épisodes de harry potter (la coupe de feu, 2005, et les reliques de la mort, 2010), elle a joué avec robert carlyle et colin farrell, et pour paul giamatti et danny boyle. en plus de ses rôles pour le cinéma français. pas n'importe qui, donc, la petite frenchie. ce qui explique sans doute un fait plutôt rare pour un(e) français(e): son anglais impeccable. le comédien anglais stephen dillane (delanay de son vrai nom), 57 ans, n'est pas vraiment connu en france mais a également une belle carrière derrière lui. des débuts dans les enquêtes de remington steele en 1985, des rôles dans the hours (2003) et dans zero dark thirty (bigelow, 2012) et dans la série game of thrones (2012). au final, et assez vite dans la série, on se rend compte que ces deux-là qu'apparemment tout oppose vont se révéler très proches, ne serait-ce que dans leur refus du pouvoir. à noter, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué (perso, il m'a fallu quelques épisodes pour le réaliser), que la chanson du générique commence en français et se termine en anglais, pour symboliser le passage de la manche, le côté bilingue de la série, etc.