blue jasmine

Blue jasmine

réal. et scénario woody allen, cate blanchett, alec baldwin, sally hawkins, peter sarsgaard, bobby cannavale, andrew dice clay. 2013, 98'. 3,5 pouces.

le synopsis
jasmine (blanchett) vit à new york une vie fortunée et mondaine avec son mari hal (baldwin). mais cette existence dorée va…


… voler en éclat et elle va partir à san francisco vivre dans le modeste appartement de soeur (hawkins), pour tenter de remettre de l'ordre dans sa vie…

l'avis
blue jasmine fait plaisir à voir car il nous permet de renouer avec le vrai woody allen, pas celui du raté to rome with love, celui de l'excellent minuit à paris. il faut dire que son petit dernier repose sur les épaules certes frêles mais ô combien époustouflantes de sa comédienne principale qui est décidément une très grande actrice, de celles dont le talent crève littéralement l'écran et transfigure un rôle. cate blanchett, donc, oscarisée pour son rôle de katharine hepburn dans aviator de scorsese, tient là un rôle qui lui vaudra, à n'en pas douter, une nouvelle nomination aux academy awards 2014. tantôt superbe, tantôt pathétique, jamais ridicule, l'actrice est toujours éblouissante de vérité.

si on décèle dans l'histoire un vague parallèle, jamais appuyé, avec celle d'un certain bernard madoff, le propos est bien plus subtil qu'une vulgaire bio. le réalisateur-scénariste parle ici des faux-semblants, des petits mensonges quotidiens et savamment entretenus qui finissent pourtant par prendre des proportions hors de contrôle, des vérités que l'on se cache soigneusement pour continuer à vivre dans le confort de l'illusion. ne sont-ils pas nombreux à reprocher à jasmine le fait qu'elle préfère regarder ailleurs à chaque fois qu'un problème survient? symptômatique d'un personnage qui se voile la face en permanence pour mieux jouir de son simulacre de bonheur: l'argent, le luxe, le faste. or un jour, tout s'écroule. et même lorsqu'une seconde chance se présente, elle s'enferme dans le seul schéma qu'elle connaisse: les apparences, quitte à bâtir, pour les sauvegarder, un monumental mensonge. le film est construit sur un jeu de flash-backs, entre le présent à san francisco et le passé à new york, qui justifient la déchéance dans laquelle jasmine s'enfoncera progressivement. blue jasmine est le portrait bouleversant d'une femme dont la déchéance sociale et financière est l'une des raisons de sa dépression, d'une femme qui se noie, et pas seulement dans l'alcool, qui perd pied et n'arrive pas faire surface, malgré sa confrontation avec une réalité bien plus simple au contact de sa soeur, adoptée comme elle mais de parents différents, et que des gouffres souvent séparent.

triste et magnifique. à voir.