le majordome

The butler

réal. lee daniels, scénario lee daniels, danny strong, sur une idée de will haygood, int. forest whitaker, oprah winfrey, david oyelowo, cuba gooding jr., terence howard, lenny kravitz, robin williams, james marsden, liev schreiber, john cusack, alan rickman, jane fonda, vanessa redgrave, alex pettyfer, mariah carey. 2013, 130'. 3,5 pouces.

le synopsis
une partie de l'histoire de l'amérique à travers le parcours véridique…


… d'un fils d'esclave devenu majordome de 7 présidents des états-unis, d'eisenhower à reagan.

l'avis
l'homme est d'une rectitude à toute épreuve, toujours impeccable dans son service, discret, presque invisible. la marque des bons domestiques ("pour bien faire ton service, fais comme si la pièce était vide"). c'est sa façon de s'intégrer, se faire oublier pour mieux se faire apprécier, gagner la reconnaissance à force d'effacement. ce qui lui vaut des confrontations régulières avec son fils aîné qui l'aime et le méprise à la fois, le considérant comme un nègre à la botte des blancs. ce fils qui, en ce début de décennie (1960), s'éloignera de sa famille et de ce père dans lequel il ne se reconnaît pas, pour aller se battre pour l'égalité des droits des noirs. notamment en participant aux manifestations pacifistes pour l'intégration des noirs dans les universités. il y perdra quelques plumes, sans pourtant jamais renoncer. il s'engagera aux côtés de martin luther king jr, puis adhérera aux black panthers, qui prônaient la violence et cautionnaient le meurtre. pendant ce temps, le père cherchera la reconnaissance par le dévouement.

si le père et fils s'affrontent, au fond, les deux hommes recherchent la même chose: l'égalité noirs-blancs. le premier par l'exemplarité et l'abnégation (tentant tout de même parfois la revendication polie mais non dénuée d'opiniâtreté), le second par le volontarisme et l'exposition, voire la force.

ils finiront par se rejoindre, après des années de combat, de drames et d'incompréhension. mais à travers deux histoires singulières, c'est de l'histoire de l'amérique, de ses contradictions et de ses déchirements, que le film parle.

le film captive de bout en bout pour cette tranche d'histoire passionnante, même si les acteurs incarnant les différents présidents ne sont pas tous ressemblants (cusack en nixon? really?). en revanche, rickman en reagan et fonda en nancy (reagan) sont plutôt convaincants.

brèves de coulisses…
à l'approche de l'élection de barack obama à la présidence, un journaliste (will haygood) a cherché un afro-américain ayant travaillé à la maison-blanche pour témoigner du mouvement pour l'égalité des droits civiques des noirs aux états-unis. il est tombé sur un certain eugene allen, majordome de huit présidents entre les années 1950 et 1980. ce personnage a servi de base à celui de cecil gaines (whitaker).