albert nobbs

Albert nobbs

réal. rodrigo garcia, scénario glenn close, gabriella prekop, int. glenn close, mia wasikowska, aaron taylor-johson, brendan gleeson, janet mcteer, jonathan rhys-meyers, pauline collins. 2012, 118'. 3 pouces.

le synopsis
au 19ème siècle, dans une irlande très pauvre, une femme se fait passer pour…


… un homme afin de survivre et se retrouve employée dans un hôtel.

l'avis
glenn close compare cette histoire à la simplicité d'un verre d'eau: sous une apparence banale, la lumière se reflète dans l'eau en quelque chose de complexe. l'histoire est simple mais elle touche à des questions qui renvoient à l'expérience de chacun. ainsi, chacun peut y voir le reflet de son propre vécu et s'identifier un peu au personnage ou à l'histoire. cette simplicité transpire à chaque plan, loin des productions à gros budgets. albert nobbs est un "homme" sans histoires, et même sans histoire.

et pour cause, la femme qui se cache derrière ce masque impassible depuis l'adolescence est née fille illégitime d'une membre de la haute bourgeoisie dublinoise, autant dire déjà exclue. sans nom, sans prénom, sans famille, placée dans un couvent dont elle sortira contre son gré à l'âge de 14 ans à la mort de sa mère, elle torture son corps pour gommer cette féminité sans avenir et le faire ressembler à quelque chose de plus "prometteur". elle se fait embaucher comme valet dans un hôtel et devient albert. dès lors, elle fera profil bas pour survivre et gravira les échelons jusqu'à devenir majordome, économisant penny après penny pendant vingt ans dans l'espoir de s'offrir un petit commerce.

plaidoyer sans violence pour la survie en milieu hostile, constat pathétique d'existences sans choix, photographie fascinante d'une personnalité desséchée à force de paraître autre chose, albert nobbs jouit d'une mise en scène (et d'une fin) effacée mais efficace, à l'image du personnage principal et de son quotidien, en apparence sans aspérité. à voir pour la performance de glenn close (et aussi de janet mcteer, nommée à l'oscar de la meilleure actirce dans un second rôle).

brèves de coulisses…
adapté d'une nouvelle – la vie singulière d'albert nobbs, de l'écrivain irlandais george moore – ce rôle n'est pas nouveau pour glenn close qui l'avait déjà interprété au théâtre en 1982. depuis, l'actrice n'a eu de cesse d'essayer de porter l'histoire à l'écran. une passion qui a tourné un peu à l'obsession, avec une production qui a pris des années à se réaliser et un casting et des réalisateurs qui changeaient au fil du temps. après une première tentative avortée en 2000, faute de financement, l'actrice, en plus d'être interprète, a finalement assumé aussi les fonctions de productrice et de scénariste. rôle d'une vie, donc, pour close qui partait favorite aux oscar et qui n'a décroché que le prix de la meilleure actrice au festival international du film de… tokyo.