pacific rim

Pacific rim

réal. guillermo del toro, scénario travis beacham, guillermo del toro, int. charlie hunnam, idris elba, rinko kikuchi, charlie day, ron perlman, clifton collins jr. 2013, 130'. 3,5 pouces.

le synopsis
des hordes de créatures gigantesques et monstrueuses – les kaiju – ont surgi des océans il y a des années et fait des millions de morts parmi les humains. pour les combattre, les hommes ont mis au point des…


… robots gigantesques d'un nouveau genre: les jaegers, animés par deux pilotes qui les contrôlent par télépathie. mais ils semblent impuissants face aux kaiju, de plus en plus redoutables…

l'avis
voilà un bon petit film intimiste comme on les aime. de la réflexion, du calme, de la tendresse. un film à la transformers qu'un jerry bruckheimer aurait pu produire et qu'un michael bay aurait pu réaliser. étonnant d'ailleurs qu'aucun d'eux ne figure au générique.

je plaisante.

il est même heureux que ce film n'ait été confié ni à un emmerich (ce pro-américain primaire qui aurait foutu des hélico partout) ni à un bay (les couilles sans les neurones). car malgré le bruit et la fureur, malgré quelques scènes un peu stupides (le discours du chef à la independence day,
par exemple, mais aussi la seule solution possible, du point de vue américain: la bombe atomique pour régler le problème, décidément ils n'ont pas retenu les leçons de l'histoire), on
en sort ni trop sourd ni pas trop bête.

avec del toro, qui a attendu la post-production pour convertir le film en 3d, le gigantisme
est divertissant.

avec del toro, l'ensemble y gagne en "intelligence", même si le réal mexicain ne verse pas non plus ici dans le subtil, et qu'il affronte l'énorme, le sound design sursaturé et la destruction massive. bref il rend hommage, à un cinéma qu'il aime particulièrement: les films de monstres géants japonais, à coups d'effets et de créatures spectaculaires qu'à côté l'homme fait microbe.

marrant, ce phénomène: depuis quelque temps, block-buster estival rime automatiquement avec colossal (et pas seulement du point de vue financier). comme si hollywood ne pouvait plus, pour divertir, voir les choses autrement qu'en monumental. il serait intéressant d'avoir l'avis des sociologues sur ce phénomène
cinématographique qui semble être de plus en plus récurrent dans le
cinéma de divertissement contemporain d'outre-atlantique. symptomatique de quoi?

en tout cas, le principe de pilotes cérébralement connectés pour faire fonctionner les jaeger (de l'allemand "chasseur") est plutôt bien vu et donne lieu à des séquences impressionnantes, même si l'ensemble est un peu pompé à des classiques: la faille (stargate), les extraterrestres prédateurs (predator), la connexion neuronale avec eux pour déterminer leurs intentions et les battre (independence day), les pilotes dans la tête du robot (goldorak), les robots eux-mêmes (transformers), etc.

bon, malgré tout, pacific rim est un bon petit film qui, s'il fait ressembler hellboy (du même del toro) à un conte pour fillettes pré-pubères, se laisse toutefois, et surprenamment, regarder avec plaisir.

brèves de coulisses…
le film tire son nom de la faille (temporelle en l'occurrence) située dans l'océan pacifique, que les monstres ont traversée pour envahir la terre.

le réal a opté pour des techniques d'animation traditionnelles pour animer les robots plutôt que celle de la motion capture, largement utilisée dans l'industrie aujourd'hui, qui aurait selon lui trop humanisé leur démarche (moi je dis que, même en anim traditionnelle, c'est déjà vachement proche des mouvements humains).

comme pour les transformers, les jaegers du film, au nombre de 7, ont leur ptit nom. ils finiront tous détruits par les kaijus, qui eux aussi ont leur sobriquet et sont au nombre de neuf.

les effets spéciaux sont signés ilm (industrial light and magic), la société de george lucas qui a créé notamment star wars et jurassic park (pas étonnant qu'ils soient si parfaits). le tournage s'est révélé particulièrement éprouvant pour les acteurs qui se trouvaient dans des cockpits spécialement construits pour l'occasion (de 20 à 34 tonnes pour une hauteur de 6 mètres) et étaient directement attachés aux machines par les bras, les mains, le dos et les jambes, et qui donc ressentaient toute la violence des chocs dans les scènes d'action. le réalisateur voulaient, par souci de réalisme, qu'ils réagissent physiquement aux impacts. de même, l'eau était omniprésente dans les séquences censées se passer dans l'océan: ainsi d'énormes jets d'eau – chauffée car le tournage se déroulait en hiver – étaient programmés pour asperger les acteurs à différents moments, parfois 4500 litres par prise.

à noter la présence, toujours truculente, de l'acteur fétiche de del toro: ron perlman, qui cabotine grave avec son personnage d'homme d'affaires versé dans la vente de kaijus en pièces détachées.

un deuxième volet serait déjà en préparation, avec beacham et del
toro à l'écriture et (peut-être) à la réalisation. cette fois, il sera
question de faille dans l'atlantique et de jaegers britannique, français
et canadien.