world war z

World war z

réal. marc forster, scénario matthew michael carnahan, damon lindelof, d'après l'oeuvre de max brooks, int. brad pitt, mireille enos, faka mokoena, david morse, daniella kertesz. 2013, 116'. 3,5 pouces.

le synopsis
un matin comme les autres, gerry lane (pitt), sa femme karin (enos) et ses deux filles se retrouvent coincés dans un embouteillage monstre. tandis que les hélicoptères et la police quadrillent les rues, la ville…


… bascule rapidement dans le chaos…

l'avis
que feraient les autorités sanitaires mondiales si une pandémie excessivement agressive se propageait sur la surface du globe? comment faudrait-il (ré)agir, en l'occurrence se protéger, face à une invasion excessivement rapide? car ici, tension dramatique oblige, l'incubation ne dure pas trois semaines, elle ne dure pas 48 heures, elle ne dure même pas une heure: elle dure 12 secondes. après quoi les êtres humains infectés deviennent des non-morts très rapides (contrairement à ceux, très lents, qui peuplent le livre de max brooks, fils de mel), très violents, très résistants et très "affamés", qui attaquent les vivants et dont le seul but n'est pas de s'en nourrir, comme dans tout film classique de morts-vivants, mais juste de les infecter à leur tour. aucune chance d'en réchapper, donc, si l'un de ces zombies (qui donnent leur initiale au titre du film) s'en prend à vous.

bien sûr, on pense à quantité de films qui ont traité du sujet de la propagation ultra-rapide d'un virus: alerte (petersen, 1995), l'armée des 12 singes (gilliam, 1995), 28 jours plus tard (boyle, 2002), contagion (soderbergh, 2011), pour ne citer que ceux-là.

sauf qu'ici, et contrairement à la plupart d'entre eux, on ne connaîtra pas l'origine de ce virus, même si, et le schéma est classique, sa recherche va occuper une grande partie du film et conduire le héros, qui reprend du service pour l'occasion, aux quatre coins du globe. à commencer par la corée du nord, où il découvre le patient zéro, réduit en cendres avec tous ceux qui l'ont approché. une seconde piste l'envoie en israel où le gouvernement a fait construire des murs immenses en guise de protection. peine perdue, extrêmement coriaces, les zombies parviendront à surmonter l'obstacle.

le découpage du film – de ce côté-là, pas de surprise – s'articule autour de deux thèmes distincts: la panique, forcément épouvantée et surexcitée, très violente et désespérée, avec la découverte du virus et du chaos planétaire qu'il provoque; l'espoir, avec une tension forcément un cran au-dessous, avec la découverte du remède.

dans une telle situation (présentée ici à la puissance dix car renforcée, pour rendre le film plus intéressant, par le fait que le virus se propage littéralement comme une traînée de poudre), la principale question est de trouver très rapidement un vaccin. or, comme toujours quand l'attaque vient par surprise, les autorités se trouvent totalement débordées, même si une résistance de fortune s'improvise au jour le jour. et on sait que le temps de trouver un remède, la quasi-totalité de l'espèce humaine se sera transformée (si le virus n'a pas, en plus, muté).

or la réponse se trouvera finalement dans la région épargnée et sauvage de la nouvelle-écosse.

"ouverte", la fin du film n'apporte que des pis-aller en guise de réponses. car la guerre est loin d'être terminée et la pandémie enrayée. ce qui donnera l'occasion, les producteurs l'ont déjà fait savoir, à deux autres films si celui-ci rencontre le succès escompté (les trilogies sont décidément des incontournables aujourd'hui à hollywood), en plus d'un jeu vidéo (pour une fois que ce n'est pas l'inverse).

qu'il soit père de famille, mari ou enquêteur pour les nations unies, arme à la main, brad pitt est juste de bout en bout et le couple qu'il forme avec mireille enos est à la fois surprenant et crédible. je craignais que les effets spéciaux, qui ont causé pas mal de soucis à la production, ne soient un peu trop visibles. j'ai été agréablement surpris. les fourmilières de zombies dans les séquences en israël, par exemple, ne sont pas surexploitées et la surprise visuelle demeure.

à voir, bien sûr.

brèves de coulisses…
les auteurs se sont reposés sur des observations scientifiques de schémas comportementaux propres à des populations animales, notamment dans leur mode de déplacement en bandes ou en colonies. on parle alors "d'intelligence distribuée" ou, dans le cas de morts-vivants, de "conscience inconsciente" qui pousserait des êtres dénués de libre-arbitre à obéir à la force de la masse.

ici, les créatures infectées se comportent tels des zombies "normaux", c'est-à-dire tel que le cinéma d'horreur nous a habitués à les imaginer: errant lentement sans but ni agressivité. mais dès qu'elles entendent un bruit, elles fondent littéralement sur leur proie, tels des requins. l'apparence et la gestuelle des zombies ont été confiées à une chorégraphe et un expert en mouvement, ce dernier s'étant d'ailleurs inspiré des crises de personnes souffrant d'épilepsie.

les séquences d'ouverture, censées se dérouler à philadelphie, ont été tournées à glasgow, les deux villes présentant paraît-il le même style architectural. plusieurs quartiers de la ville ont été bouclés pour tourner les scènes de chaos et les cascades avec les véhicules (150 au total sont partis à la casse, 700 figurants maquillés). pour des raisons évidentes de logistique et de sécurité, les séquences censées se passer à jérusalem ont été tournées à malte.