eva

Eva

réal. kike maillo, scénario sergi belbel, cristina clemente, int. daniel brühl, marta etura, claudia vega, alberto ammann, anne canovas, lluis homar. 2012, 94. 3 pouces.

le synopsis
2041. après dix ans d'absence, alex (brühl) est rappelé par la faculté de robotique pour concevoir le premier robot libre: un enfant androïde. il prend…


… eva (vega), sa nièce, petite fille de dix ans très éveillée, pour modèle.

l'avis
eva est une réflexion sur la relation que les humains peuvent avoir avec des robots. sera-t-il possible, dans un futur pas si éloigné que ça, d'être attiré par une machine? pourra-t-on tomber amoureux d'un robot, même si l'on sera conscient qu'il s'agit d'une simulation? et comment les anciennes relations, celles entre humains, seront-elles affectées?

l'intelligence artificielle, le développement de robots – qu'ils aient ou non forme humaine -, leur raison d'être et leurs possibles (inévitables?) dysfonctionnements, sont des thèmes qui fascinent écrivains et, par extension, cinéastes depuis longtemps: mondwest, blade runner, l'homme bicentenaire, a.i., i robot, et tout récemment la série scandinave real humans, etc. ou, dans un registre connexe, génération proteus, la saga terminator (les terminators mais aussi le système skynet), tron (l'ordinateur central, devenu plus de 2000 fois plus intelligent que son créateur), et les exemples sont très nombreux. tous ont montré le risque consistant à confier trop d'intelligence ou trop d'autonomie à la machine. mais ce vieux fantasme de l'humanité a la vie dure et déléguer les tâches ingrates pour se consacrer à son bien-être va bien finir par se concrétiser un jour. le jour est (relativement) proche où l'homme pourra disposer de son esclave sans avoir à le payer ni à entendre ses revendications. et le plus beau? ce sera légal! il n'y aura plus de classe ouvrière (même les ouvriers pourront avoir un robot), finies grèves et manifs, le robot ne descendra pas dans la rue pour revendiquer, il se mettra simplement en veille après les heures, quand il ne fera pas les trois 8 pour le même prix (c'est-à-dire des cacahuètes), et la main-d'oeuvre, dont l'achat sera très vite amorti, ne coûtera plus que le prix de sa maintenance. l'homme se sera débarrassé de sa culpabilité sociale et morale. un paradis? voire. il y a toujours un grain de sable et le thème, en tout cas, ne cesse d'intéresser les scénaristes.

bien sûr, même si elle est très présente dans notre quotidien et que la recherche progresse, la robotique relève encore aujourd'hui de la science-fiction pour ce qui est de son aboutissement ultime: l'androïde ressemblant à s'y méprendre à l'homme. la science-fiction, donc l'inconnu. et comme tout ce qui est inconnu fait peur, ces histoires (à l'exception peut-être de l'homme bicentenaire) finissent toujours mal. car l'évolution, quelle qu'elle soit d'ailleurs, ne va jamais sans heurts, sans tâtonnements, sans accidents, bref sans dommages collatéraux.

eva est un petit film espagnol qui se laisse regarder…

brèves de coulisses…
interprété par une comédienne portant un costume et dont on a gommé les quelques traits encore visibles en post-production, le robot si-9 n'est pas sans rappeler c3-po de la guerre des étoiles, interprété à l'époque par anthony daniels. visuellement, le film comporte quelques scènes intéressantes et poétiquement très belles. notamment celles où le concepteur-programmeur assemble dans l'espace les différents "composants" qui "font" un robot – émotions, attitude, réactions, ressentis) avant de les projeter littéralement dans le cerveau du robot. les séquences dans les paysages enneigés, propices aux récits de science-fiction (la pureté d'un environnement asceptisé et "froid", c'est-à-dire quelque peu dénué d'émotions), ont été tournées en partie à la chaux-de-fonds, en suisse.