the descendants

The descendants

réal. alexander payne, scénario nat faxon, d'après le roman de kaui hart hemmings, int. george clooney, shaylene woodley, amara miller, nick krause, patricia hastie, beau bridges. 2011, 135'. 3,5 pouces.

le synopsis
descendant d'une grande famille hawaïenne, matt king (clooney) se demande s'il doit vendre les dernières terres vierges qu'il a reçues en héritage. mais…


… l'accident de bateau, suivi du coma dépassé de sa femme, et l'annonce, par sa fille aînée alexandra (woodley), qu'elle le trompait, vont le conduire à reconsidérer ses choix de vie.

l'avis
un bien joli film, tout en finesse et en émotions.

l'interprétation de clooney est juste et subtile, sans aucun surjeu (il a bien trop de talent et de bouteille pour en avoir encore besoin). en gros, il ne fait pas du clooney. il est même assez peu à son avantage dans ce rôle d'avocat fortuné mais économe, bosseur et père absent pour sa famille, qui malgré tout n'est pas l'homme qu'il aurait voulu être, et qui est dépassé par trois événements qui viennent bouleverser sa vie, ses certitudes et ses acquis: 1. l'accident de son épouse elizabeth, femme de tête avec laquelle il est un peu à la traîne pour beaucoup de choses, au point de passer parfois pour un planqué, qui la laisse, elle, dans un coma dépassé et 2., lui, seul avec deux filles – scottie (miller), 10 ans, vive et précoce, et alexandra, rebelle de 17 ans – dont il n'a pas l'habitude de s'occuper; et 3. l'adultère de cette épouse dont il est amoureux, malgré une relation compliquée.

sans haussements de voix ni d'effets grandiloquents, le film raconte donc la crise existentielle (un thème récurrent pour le réalisateur) d'un homme qui se "réveille" à ce qui est réellement important dans la vie, brutalement confronté à une réalité à laquelle il pensait avoir échappé, par faiblesse, par lâcheté, par facilité ou par habitude, et qui se ressaisit. il se rapproche de ses filles et décidera, contre l'avis de tous – et tournant le dos à l'appât du gain (dont, soit dit en passant, il n'a pas besoin) -, de faire honneur à un patrimoine qu'il n'a rien fait pour mériter.

l'homme n'est pas d'un caractère violent (la seule scène où, énervé, il envoie valdinguer un coussin, est très symptomatique du personnage), il va donc vivre ce bouleversement avec un calme apparent, même au cours de sa confrontation avec l'amant de sa femme (lillard), ce qui, paradoxalement, produit un effet paniquant sur son interlocuteur fautif. ses deux filles non plus ne sont pas du genre à hurler. si bien que, malgré les conflits larvés, les non-dits et les frustrations, il règne dans cette famille, et même parmi les cousins, une sorte d'harmonie issue sans doute d'une sagesse ancestrale qui nous échappe forcément, à nous autres occidentaux, pour peu que l'on ne soit pas spécialement ouvert à ce genre de choses. interprétée presque exclusivement par des artistes locaux, la bande originale est aux antipodes du folklore que l'on croit connaître. très simple – une guitare, une voix -, elle est de celle qui raconte l'âme d'un peuple et accompagne quasiment chaque plan, participant de l'atmosphère douce (malgré la violence des situations) et très émotionnelle du film.

belle découverte qui, si elle ne méritait sans doute pas un oscar pour clooney, mérite au moins qu'on s'y attarde, simplement pour méditer un instant sur les choses qui comptent vraiment.

brèves de coulisses…
nommé 5 fois aux golden globes 2012, the descendants est reparti avec deux trophées, ceux du meilleur film dramatique et du meilleur acteur (clooney), ce même clooney qui rentrera bredouille des oscar, coiffé au poteau par notre jean dujardin national. nommé 5 fois aux oscar, un mois plus tard, le film ne remportera qu'une statuette, celle du meilleur scénario adapté. si, comme moi, vous vous demandez dans quel film a joué l'acteur qui interprète brian speer, l'amant de la femme de king, sachez que son nom est matthew lillard et qu'il s'est fait connaître grâce au rôle principal qu'il tenait dans scream. pour l'actrice qui interprète sa femme julie dans le film, il s'agit de judy greer, qui interprétait une jeune stagiaire ignorée de tous dans une grande agence de pub et qui se voyait confier le poste de conceptrice-rédactrice par le directeur de création, interprété par mel gibson dans… ce que veulent les femmes! les plus observateurs auront remarqué, parmi les cousins, l'ex-shérif truman de twin peaks, alias michael ontkean qui joue ici un rôle court et tellement muet qu'il devient presque drôle.