hansel & gretel: witch hunters (3d)

Hansel et gretel

réal. tommy wirkola, scénario dante harper, int. jeremy renner, gemma arterton, famke janssen, peter stormare, pihla vitala, derek mears. 2012, 88'. 3 pouces.

le synopsis
suite à la disparition de leurs parents, hansel et gretel ont grandi et sont devenus de redoutables…


… chasseurs de sorcières.

l'avis
quand j'étais petit, certains dimanches, mon papa projetait à notre petite famille des dessins animés de walt disney sur son heurtier 16 mm muet. l'écran sentait bon et le son du projecteur se mettant en marche restera gravé en moi jusqu'à mon dernier souffle. parmi ces films courts qui me firent très tôt aimer le cinéma, il y avait hansel et gretel. habillée en noir, la sorcière avait une grosse verrue sur le nez et les sucres d'orge dont sa maison était couverte dégoulinaient pour attirer les chtites nenfants. mais l'histoire s'arrêtaient après la punition de la sorcière, les enfants restaient des enfants et la morale était sauve.

sauf que le scénariste du film a imaginé une suite au conte que nous connaissons tous. et quitte à se projeter dans l'avenir du duo devenu désormais jeunes adultes, autant en faire des combattants armés jusqu'aux dents d'engins tous plus "mystères de l'ouest" ou "sherlock holmes" les uns que les autres. le high-tech dans l'ancien, pourrait-on dire. c'est devenu une sorte de mode à hollywood: faire du neuf avec du vieux ou, plus précisément, moderniser l'ancien à coups de technologie et d'action spectaculaire. personne n'est dupe, ça tourne au procédé, mais ça marche à tous les coups, pourvu que le scénar tienne la route (les trois mousquetaires était par contre plutôt ridicule).

donc, au rayon conte pour enfants parfumé à la dynamite, hansel & gretel: witch hunters se pose un peu là, avec des sorcières très très laides, très très méchantes et très très puissantes, et des chasseurs très très beaux, très très déterminés et très très efficaces. depuis tout petits, ils croient que leurs parents les ont lâchement abandonnés mais leur quête est ailleurs. et ils finiront par découvrir que les parents n'étaient pas ce qu'ils croyaient et la chasse aux sorcières se transformera en apprentissage de la vérité, donc en apprentissage de la vie, donc au passage de l'enfance à l'âge adulte. vous avez dit psychanalyse? mmm, n'exagérons rien.

certes, en s'adressant par son symbolisme au subconscient de l'enfant, tout conte bien écrit a une valeur éducative (révélation du sens profond de la vie) et/ou thérapeutique (représentation et résolution des conflits et angoisses), ce qu'est à la base le conte originel allemand des frères grimm (le titre hänsel und gretel a été traduit jeannot et margot en français).

même si le fond demeure et que certains éléments du conte ont été respectés (le père abandonnant ses enfants dans la forêt, la rencontre avec la première sorcière, hansel enfermé et engrossé – pour être mangé par la sorcière – tandis que gretel est réduite à l'état de servante, la mort de la sorcière dans son propre four), le scénariste a tenté, pour raconter son histoire, de répondre à la question "que sont-ils devenus?" et a donc construit une suite plus explicative avec pour prétexte l'enlèvement d'enfants par un groupe de sorcières (qu'il faut donc aller sauver, ce qui permettra de les éliminer toutes d'un coup). ainsi le contexte de famine, qui pousse les parents à se débarrasser des enfants (tout comme dans le petit poucet) est ici supprimé pour être remplacé par la volonté des parents de protéger leurs enfants des attaques de sorcières (ouf, la morale est sauve). la mère, qui était une marâtre dans le conte, est ici une sorcière blanche très puissante (ce qui explique que ses enfants soient quasiment invincibles) (re-ouf). l'argument psychanalytique fondateur est donc ici balayé: tout le monde il est beau et les parents étaient bons. en fait, en l'occurrence, et en poussant un peu le raisonnement, on pourrait dire que ce sont les enfants qui, en croyant que les parents étaient méchants, sont sources d'un problème qui n'a jamais existé. sales gosses! cela dit, on comprend les auteurs, leur propos était avant tout de divertir, non de faire réfléchir. un del toro ou un cronenberg en auraient probablement fait quelque chose de plus onirique, de plus sombre et de plus torturé.

de divertissement il est donc vachement question ici puisque ça pétarade à donf, ça cascade à mort, ça rigole avec des dents pourries, ça assène des petites phrases façon swallow this first ou i'll be back et ça meurt grave. il y a même un troll attendrissant du nom d'edward (lol) (mears) qui, lassé d'être pris pour un larbin par les vilaines, décide de venir en aide aux deux jeunes beaux après avoir écrabouillé la tronche (littéralement) du shérif local (stormare) et de ses acolytes.

donc, si vous aimez les contes modernisés, que les sorcières ne vous laissent pas indifférents, que l'action et la baston sont à votre goût au cinéma, et surtout que vous venez de vous taper la quinzaine du cinéma iranien, tout satiajit ray ou l'intégrale de tarkovski, et que vous avez envie de changer de registre, hansel… est définitivement pour vous.

brèves de coulisses…
l'équipe a dû s'adapter à l'emploi du temps de jeremy renner, occupé à tourner en même temps mission impossible et avengers. d'ailleurs entre ces deux derniers films, démineurs et jason bourne, renner est en train de se faire une place de tout premier choix dans les rôles musclés. tout comme gemma arterton, qui fut naguère la copine du prince of persia (gyllenhaal) et une james bond girl du nom de strawberry fields (lol) dans quantum of solace. famke janssen a avoué avoir accepté le rôle de la sorcière muriel pour faire face à ses créanciers, l'actrice ayant eu des problèmes financiers au moment de la production de son dernier film en tant que réalisatrice (bringing up bobby, avec milla jovovich et bill pullman). les décors ont été reconstitués à partir des paysages germaniques qui avaient inspiré le conte originel. les effets spéciaux ont été réalisés par l'équipe qui a travaillé sur harry potter et hellboy, la costumière a travaillé sur terminator 2 et la musique est signée hans zimmer (pas étonnant qu'elle fasse penser à certains moments à celle de sherlock holmes).