court lexique du nouveau jargon insupportable made in hollywood

on les lit partout, ces nouveaux mots appliqués de plus en plus à des films, dont les studios américains nous rebattent régulièrement les oreilles et dont on ne connaît pas toujours le champ sémantique. voici donc un court lexique à l'attention de celles et ceux qui…


… se posent une question par ailleurs fort légitime: "mais… what the fuck…?"

passons sur le plus connu, le remake, qui connaît cependant quelques variantes: à l'identique (donc sans grand intérêt, comme le psychose de gus van sant); le remake du film étranger, dont les américains, toujours à la recherche (une manière politiquement correcte de dire "en mal") d'idées, se sont fait une spécialité ces dernières années (les chtis a du mal à se concrétiser, et intouchables serait en négo); et même l'auto-remake (funny games et funny games US, réalisés tous deux par michael haneke).

ne nous attardons pas non plus sur la désormais célèbre sequel, qui est bêtement une suite (parce que "sequel", c'est plus cool que "suite"), et sur la prequel, dont l'action se déroule chronologiquement avant le film précédent (dit "de référence"), réalisée toutefois chronologiquement après (preuve, s'il en est, que le marketing est décidément plein de resources). le meilleur exemple nous est fourni par notre ami george lucas avec ses 3 épisodes de la saga star wars (la menace fantôme, l'attaque des clones et la revanche des sith). prometheus est un autre exemple, un peu plus récent et décevant.

jusque-là, vous vous dites "tout va bien"…

attendez que je vous parle de la (ou du) sidequel (ne riez pas). on n'en parle peu, et pour cause, le mot est tellement laid. mais le phénomène existe bel et bien. il s'agit de la même trame et du même univers que le film de référence, mais présentés sous un angle différent, avec un personnage différent. exemples: jason bourne: l'héritage ou sin city 2, dont l'action est parallèle à leur modèle.

mais c'est compter sans la (ou le) midquel (je sais…), dont l'action se passe à un moment précis de l'oeuvre originale, comme kirikou et les bêtes sauvages (midquel de kirikou et la sorcière), et le plus hideux encore interquel, qui intervient entre deux opus d'une oeuvre, comme shrek 3d, qui était sorti entre shrek et shrek 2. dieu merci, ça n'arrive pas souvent, car ça nous obligerait à utiliser cet affreux barbarisme.

heureusement (façon de parler), il y a le reboot, qui n'a rien à voir avec un quelconque accessoire de mode et que l'on enfilerait après le ski, par exemple. les informaticiens connaissent bien ce terme qui est en fait utilisé lorsque l'on doit (souvent) redémarrer son pc pour cause de bug. le reboot au cinéma désigne donc une histoire qui prend les mêmes bases (qu'un film précédemment réalisé) pour en donner une interprétation différente (mais surtout, ne soyons pas naïfs, pour gagner encore plus d'argent et reprendre le contrôle d'une licence). un exemple? pas de problème, je vais même vous en donner quatre, tant ils regorgent ces derniers temps: the amazing spider-man (mark webb, un nom comme celui-là ne s'invente pas, 2012), sorti 10 ans après la version de sam raimi, total recall (len wiseman), proposé 22 ans après l'interpétation de paul verhoeven avec l'autrichien musculeux, l'incroyable hulk (avec edward norton), mis en scène par le français louis leterrier, seulement 5 ans après la version d'ang lee avec éric bana, et pour finir la saga batman, dans laquelle chris nolan réinvente le mythe au moyen d'une triologie qui restera sans doute dans les mémoires. à noter que l'une des caractéristiques du reboot est d'ajouter au titre un adjectif ou un verbe ("amazing", "incredible", "rises", "begins", etc.) pour prévenir les abrutis que nous sommes qu'il s'agit d'une version différente.

à part ça, il faut également compter avec le spin-off, qui n'est pas nouveau-nouveau, mais qui tente de percer sans créer véritablement de tendance pour l'instant. le principe du spin-off est de prendre un personnage secondaire d'un film ou d'une série, et d'en faire le personnage principal d'un autre film ou d'une autre série. une sorte de produit dérivé, en somme. la condition d'un tel système est bien sûr que le personnage soit suffisamment "intéressant" pour susciter une audience… "intéressante". on a vu des personnages secondaires pourtant populaires connaître en spin-off une désaffection d'un public qui semblait acquis, à l'instar de la femme de columbo, qui a tenu 4 épisodes, ou de joey tribbiani, l'un des friends, qui n'a pas convaincu non plus. au chapitre des spin-offs plus réussis, citons, le chat potté (shrek), wolverine (x-men), le roi scorpion (la momie) ou scrat (l'âge de glace).

enfin, n'oublions pas le crossover, qui ne date cependant pas d'hier. né de la bande dessinée, notamment américaine, le crossover est tout simplement la rencontre de deux univers dans un même film, voire le même épisode de deux séries. exemples: les experts où horatio caine, gil grisom et mac taylor se rejoignaient pour mener une même enquête, maciste contre zorro, king kong contre godzilla, et, plus près de nous, freddy contre jason, alien vs predator