tout va bien! the kids are all right

The kids are allright

réal. lisa cholodenko, scénario lisa cholodenko, stuart blumberg, int. annette bening, julianne moore, mark ruffalo, mia wasikowska, josh hutcherson, yaya dacosta. 2010, 130'. 3,5 pouces.

le synopsis
arrivés à l'adolescence, les enfants d'un couple lesbien décident de…


… retrouver leur père biologique.

l'avis
ce film sensible s'articule autour de la notion de remise en question du couple – lesbien en l'occurrence – et de sa solidité, sur fond de rapports de force, de non-dits, de rancoeurs et de frustrations.

nic (bening) paie les factures, grâce à son travail stable de salariée, et jules (moore), paysagiste indépendante, est un peu maintenue sous contrôle par la première. leurs deux enfants, un garçon, laser (hutcherson), 15 ans, et une fille, joni (wasikowska), 18 ans, sont issus d'un donneur anonyme. et leur bonheur semble, en apparence, sans nuage. jusqu'au jour où les deux ados (surtout le garçon) veulent savoir qui est leur père biologique.

et la survenue d'un homme (ruffalo) dans la vie tranquille – en apparence, seulement – de ce couple va agir comme un révélateur.

mais, tout révélateur qu'il est, malgré son "importance" initiale, cet homme est finalement un bouc-émissaire qui ne servira au fond, une fois passée la crise qu'il a causée sans avoir rien demandé, qu'à renforcer ce couple après l'avoir mis "involontairement" en danger.

tout est juste dans ce film: casting, stylisme, caractérisation des personnages. bening et moore sont très convaincantes en lesbiennes et ruffalo l'est tout autant en quadra sexy tendance écolo-cool qui se découvre sur le tard en papa-copain, sans imaginer, dans une sorte de naïveté un peu irresponsable, que son apparition dans la vie de ces deux ados (et donc de leurs mères) va forcément semer la pagaille.

quelques détails viennent cependant gâcher un peu la crédibilité de l'ensemble: les deux ados, qui ont 3 ans d'écart et sont nés de deux mères différentes (nic et jules, donc), sont issus du même donneur (c'est dit dans le film); les mères sont aussi au courant sans avoir fait de recherches ni avoir été informées par le centre de don de sperme ou par leurs enfants (ce n'est pas dit dans le film); joni obtient facilement les coordonnées du donneur et le centre obtient tout aussi facilement son accord (genre, tout se fait par téléphone en 2 jours); comme par hasard, le gars habite à quelques kilomètres de la famille; il entre dans leur vie un peu rapidement.

mis à part ces bémols, le film est une réflexion (et les hétéros s'y reconnaîtront aussi bien évidemment) sur le couple, l'adultère, la culpabilité, la parentalité et la recherche d'identité. intéressant et touchant.

brèves de coulisses…
coïncidence marrante, le scénariste de tout va bien! est le même qui écrivit, dix ans pile auparavant, l'histoire d'au nom d'anna que j'ai revu hier soir. le projet a mis 4 ans à voir le jour, la réalisatrice étant tombée enceinte pendant l'écriture…