au nom d’anna

Au nom d'anna

réal. edward norton, scénario stuart blumberg, int. jenna elfman, ben stiller, edward norton, anne bancroft, ron rifkin, eli wallach, milos forman, lisa edelstein, rena sofer. 2000, 129'. 3,4 pouces.

le synopsis
jacob schram (stiller), biran finn (norton) et anna reilly (elfman) se sont rencontrés dans une école de new york à l'âge de 13 ans et, inséparables, ont partagé une belle histoire d'amitié. mais…


… anna a dû partir vivre en californie avec ses parents. quand elle revient, 12 ans plus tard, l'amour va vite prendre le dessus…

l'avis
ce film a 12 ans, je l'ai vu plusieurs fois et c'est chaque fois un plaisir.

petite comédie romantique bourrée d'amitié, d'amour et de tolérance, bref de ces valeurs qui font du bien, dans lesquelles on peut se reconnaître facilement.

au nom d'anna (le titre français ne rend malheureusement pas la richesse de l'original – keeping the faith) pose avec beaucoup de tact, et sous la forme d'une comédie, l'épineuse question du poids de l'amitié de toujours face à l'amour toujours, et donc des sentiments qui y sont inévitablement, inextricablement, associés: jalousie, ressentiment, remords, rancune.

brian est prêtre et jake rabbin, et c'est ce qui rend l'histoire plus intéressante du point de vue dramatique. ils représentent la nouvelle génération, celle qui dépoussière, qui rassemble, qui unit. ces deux-là ont un don et ils ont du succès. dans leur travail (les fidèles reviennent en masse écouter leurs sermons), mais aussi dans leur vie privée (les mères se pressent à la synagogue pour présenter à jake leur fille, brian menant une vie plus réservée).

mais voilà, outre le fait que brian a clairement fait voeu d'abstinence et de célibat, et que jake n'a pas trouvé la femme de sa vie (on se demande bien pourquoi), on devine que ces deux jeunes hommes n'arrivent pas, sans d'ailleurs en être pleinement conscients, à oublier tout à fait celle qui était leur amie jurée: anna.

et voilà qu'elle débarque pour son boulot, un beau jour, sans prévenir, après douze ans de silence. elle est devenue une femme d'affaires, une décideuse qui en remontre aux hommes, comme elle l'a toujours fait. elle n'a pas changé mais va bouleverser la vie des deux protagonistes devenus des stars dans leur quartier.

outre qu'ils auront à se battre contre des sentiments contradictoires avec leur histoire d'amitié, ils vont aussi être amenés à éprouver leur conscience religieuse, le principe fondamental d'abstinence pour brian, la judéité (anna n'étant pas juive) et surtout le qu'en dira-t-on de toute la communauté pour jake.

finalement, tout sera bien qui finira bien, aussi bien pour l'histoire d'amitié que pour l'histoire d'amour. évidemment, me direz-vous, ajoutant avec l'esprit critique qui vous caractérise, que ça sent le sentimentalisme à l'américaine à plein nez. eh bien pétez un coup, ça vous fera le plus grand bien, vous répondrai-je, car ce film est bien écrit, les personnages sont bien écrits, les acteurs sont pile poil justes et la magie opère (noël, c'est de saison). et moi je suis fan à 200%.

un moment d'émotion dans ce monde de brutes, vous n'allez pas dire non, si?