un monstre à paris


réal. éric bergeron, int. vanessa paradis, mathieu chédid, gad elmaleh, françois cluzet, ludivine sagnier, julie ferrier, bruno salomone. 2011, 82′. 3 pouces.

le synopsis
dans le paris inondé de 1910, un monstre né d’une « expérience » scientifique mal contrôlée…


… se cache à montmartre, dans le cabaret « l’oiseau rare », dont la chanteuse lucille (paradis) est la vedette…

l’avis
l’argument de base est sympa, l’histoire est bien écrite, avec tous les personnages dignes d’un bon scénario, les dialogues font mouche et la musique de m apporte beaucoup de poésie à l’ensemble, l’animation est parfaite mais l’esthétique générale un peu froide (le paris de 1910, celui de la grande inondation et de l’insalubrité galopante, n’était sûrement pas aussi clean)… si le casting des voix, pourtant tenu par des comédiens (et chanteur) célèbres, n’est pas du tout identifiable – sans doute parce que ces voix ne sont pas forcément caractéristiques, et aussi parce qu’on ne reconnaît une voix que si l’on voit le visage qui l’accompagne – il colle parfaitement à l’esprit et à l’ambiance du film…

vous l’aurez compris, même s’il n’est destiné à un public plutôt jeune, ce film est une bonne surprise et se découvre avec grand plaisir, surtout à l’approche des fêtes. il a été réalisé en 3d, une 3d paraît-il douce et chaleureuse, mais il se regarde très bien en 2d…

brèves de coulisses…
marrant, un monstre à paris est le premier film français du français éric bergeron, qui a réalisé deux films d’animation aux états-unis: la route d’eldorado (2000) et gang de requins (2004). le nom francoeur n’est certainement pas attribué au monstre par hasard. certes, c’est dans cette rue du 18ème arrondissement de paris que se trouve (dans le film) le cabaret l’oiseau rare. en réalité, à l’angle avec la rue des saules, se trouve le théâtre le funambule de montmartre. et surtout, c’est dans cette rue que l’une des trois grandes écoles de cinéma françaises, la fémis (école nationale supérieure des métiers de l’image et du son), qui succeda en 1986 à l’idhec (institut des hautes études cinématographiques, fondé en 1943), a ses locaux, à l’emplacement même des studios pathé où furent tournées certaines scènes des enfants du paradis, par exemple, sous l’occupation. soit dit en passant, la rue des saules est aussi célèbre à montmartre pour son célèbre cabaret le lapin agilepicasso et max jacob étaient des habitués au début du xxème siècle, et pour avoir été immortalisée par cézanne (la rue des saules, exposé au musée du luxembourg à paris) et par van gogh (la guinguette, visible au musée d’orsay). francoeur est donc un nom très riche de sens, pour son évocation à la fois du music-hall et du cinéma.