the amazing spider-man (3d)

The amazing spider-man

réal. marc webb, scénario james vanderbilt d'après l'oeuvre de stan lee, int. andrew garfield, emma stone, rhys ifans, denis leary, martin sheen, sally field, campbell scott. 2012, 137'. 3,5 pouces.

le synopsis
peter parker (garfield) n'est encore qu'un petit enfant quand ses parents le confient à son oncle ben (sheen) et sa tante may (field), avant de disparaître. devenu adolescent…


… timide et maladroit, mais très intelligent, peter se fait un jour piquer par une araignée mutante…

l'avis
voilà un reboot ("réinitialisation" en langage informatique), comme on dit dans les milieux super-autorisés, qui a de quoi déconcerter. car alors qu'on attendait le 4ème opus de la désormais bien installée saga signée sam raimi (et sur lequel le réalisateur y planchait quand sony a décidé de tout arrêter en janvier 2010 pour lancer ce chantier-ci), ce film sort qui reprend tout à zéro. merci sony. alors on se dit "euh, bon, d'accord, pourquoi pas? voyons voir…" (si si on se dit ça)…

du coup, et sans être fan de la bd, on ne peut s'empêcher de comparer ce film avec le premier de raimi et de comptabiliser les différences. et là, n'étant pas assez spidermanophile pour discerner le vrai du faux, l'original de l'inventé, je me suis un peu renseigné.

l'histoire et les personnages, on croyait les connaître par coeur. et voilà que pim pam poum, bye-bye mary jane watson (kirsten dunst), norman osborn (willem dafoe, alias le bouffon vert) et harry osborn, son fils (james franco), hello des personnages différents, avec des noms différents, mais qui jouent le même rôle (va comprendre, charles). ainsi notre ami aux facultés arachnéennes s'entiche d'une certaine gwen stacy (stone), qui a un père flic intègre (leary, qui s'est fait tirer les traits au passage et c'est bien dommage). en fait, en creusant un peu, on apprend que gwen est la toute première amoureuse de peter dans la bd et que le personnage apparaît dans spider-man 3 (raimi, 2007).

de même, le premier "méchant" de cette saga (car c'en est bien une) est lui aussi un scientifique, ancien ami du père de peter, un certain docteur curt connors (ifans) qui finira par se transformer en gros lézard surpuissant (bonjour la symbolique qui fait dans la dentelle, mais que voulez-vous, en même temps, c'est marvel). voilà qui change des trois méchants "historiques" de spider-man que sont le bouffon vert, venom et le docteur octopus. une volonté de se démarquer de la trilogie de sam raimi. mais là aussi, on se rend compte que le lézard fut l'un des premiers méchants à se frotter (sans mauvais jeu de mots) à spider-man puisqu'il apparaît dès le 6ème épisode des comics en 1963. dans la saga de raimi, il apparaît dans les 2ème et 3ème épisodes sous les traits (et sa version humaine) de l'acteur dylan baker (damages). the amazing spider-man se démarque donc mais n'invente rien. malin.

ainsi, le film commence par un événement fondateur dont on se demande de prime abord s'il appartient ou non à la saga dessinée et que raimi avait négligé: l'"abandon" de peter par ses parents, pour des raisons qui ne seront du reste jamais élucidées. en fait, dans la bd originale, ses parents appartiennent à la cia. dans le film, on apprend que le père était un scientifique, ami du futur lézard.

là où le réalisateur d'evil dead passait du temps, à raison, à expliquer les relations entre peter et son oncle, ce qui faisait du meurtre accidentel de ce dernier un autre événement fondateur du personnage, webb (ça ne s'invente pas) passe un peu comme chat sur braise sur la question, préférant se concentrer sur les amours naissantes des deux ados (qui n'en sont plus puisque garfield a quasi 30 ans et stone 24).

de même, le troisième événement par lequel tout arrive – j'ai nommé la morsure de la chtite naraignée et ses conséquences sur l'adn de notre héros – est il est vrai, remarquons-le sans nous apesantir, un tout petit peu négligé par les scénaristes qui ont définitivement décidé de se focaliser sur l'action, au risque de prendre des raccourcis et de laisser le spectateur (bien informé à leur avis) le soin de combler les trous. si c'est ça, c'est limite. mais bref.

contrairement au film de sam raimi où, dans les scènes de haute voltige, l'homme-araignée était remplacé par un clone de synthèse (et c'était gênant parce que ça se voyait), ici en revanche, les créateurs ont pris soin de rendre ces scènes le plus crédibles possible, au point d'adopter de temps à autre (et heureusement sans s'y attarder car très gerbatif) un angle subjectif  (dans le masque, donc) tout à fait saisissant.

à part ça, le film a été tourné directement en 3d, et non en 2d converti. il sort, à un mois près, pour les 50 ans du personnage, apparu dans le numéro 15 du magazine amazing fantasy en août 1962 sous la plume de stan lee et de steve ditko. le film est la première production à avoir été tournée dans les nouvelles installations des studios universal, après un incendie dévastateur survenu en 2008. les nouveaux décors sont situés dans la new york-street, aile entièrement dédiée à la reconstitution de la grande pomme pour le cinéma et la télévision. on lit çà et là que spider-man devrait être de la partie dans avengers 2. mais à mon avis, c'est plus pour appâter les fans qu'autre chose car les droits n'ont toujours pas changé de mains: ceux de spider-man sont toujours détenus par sony et ceux des avengers par marvel studios. à ce moment précis de l'histoire, vous serez en droit de vous poser la question que la terre entière se pose: "mais pourquoi diable (why the hell, en v.o.) marvel n'a-t-il pas repris les choses en mains en produisant son propre spider-man?". non sans ajouter un "nom d'un petit chien!" fort à propos. "eh oui!! nom d'un chien, pourquoi??", vous répondrai-je du tac au tac sans sourire, manquant cruellement d'informations sur le sujet. en revanche, les pipeulophiles, nombreux j'en suis sûr à lire ces chroniques (les miennes, donc), seront ravis d'apprendre qu'andrew garfield et emma stone sont ensemble depuis le tournage. c'est-y pas mignon, ça? on se disait aussi qu'ils étaient quand même sacrément crédibles à l'écran dans les scènes de séduction… ;O)

mais oui, mais bien sûr, mais allez le voir, ce film, c'est un moment toujours divertissant de voir un mec qui se balance d'immeubles en immeubles au bout de toiles synthétiques propulsées mécaniquement par des dispositifs électriques et qui se bat contre un lézard de 2m75 capable de soulever 12 tonnes d'un bras. mais bien sûr, vous ne le regretterez pas une seconde… courez, je vous dis!!!