les femmes du 6ème étage

Les femmes du 6ème étage

réal. philippe le guay, int. fabrice luchini, sandrine kiberlain, natalia verbeke, carmen maura, lola dueñas. 2011, 106'. 3 pouces.

le synopsis
1960. jean-louis joubert (luchini) vit dans un immeuble du 16ème arrondissement de paris et mène sa petite vie tranquille de grand bourgeois. jusqu'au jour où…


sa femme (kiberlain) engage une nouvelle bonne (verbeke)…

l'avis
jean-louis joubert a "réussi dans la vie", par tradition, par héritage, sans avoir rien fait pour le mériter. mais, au contact de cette jeune femme simple et pourtant si belle (et pas seulement physiquement), il se pose soudain la question de savoir s'il a "réussi sa vie". par hasard, il rencontre les femmes de ménage au service des "patrons" de l'immeuble, toutes espagnoles, qui vivent au fameux 6ème étage, juste au-dessus de chez lui, et découvre tout un monde plein de vie, de liberté, de naturel et de charme. un monde simple mais vrai, loin de sa vie creuse et de ses préoccupations futiles. à la faveur d'un malentendu avec sa femme qui le croit adultère avec une croqueuse d'hommes de ses clientes, il prend son destin en main et une chambre au 6ème.

l'histoire de ce bourgeois gentilhomme à la vie bien réglée, coincé dans des habitudes transmises de père en fils, mais qui a l'intelligence du coeur et se révèle bien plus ouvert que son épouse provinciale qui se croit arrivée avec ses "ma ptite maria" condescendants qu'elle lui assène à tout bout de champ, cette histoire est touchante. il faut dire que luchini y apporte une délicatesse et une légèreté qui contrastent avec le personnage exubérant (et un peu insupportable) qu'il joue sur les plateaux de télévision quand il y est invité.

la vraie vie est ailleurs quand on y est mal inséré et le choix nous appartient toujours d'en changer quand l'occasion se présente. encore faut-il la reconnaître quand cela se produit. voilà pour la morale de l'histoire. on s'identifie au personnage, à celui qui se lâche bien sûr, car l'histoire le fait bifurquer vers la figure sympathique du psycho-rigide qui se détend et se découvre amoureux, voire romantique.

le scénario contient une grande part autobiographique, le réalisateur ayant vécu lui-même cette situation étant enfant. et c'est cette part forcément émotionnelle qui touche et fait que l'histoire fonctionne bien. fabrice luchini n'hésite pas à comparer philippe le guay à un vigneron qui, à chaque film, ferait un meilleur vin.

une raison de plus pour voir les femmes du 6ème étage.