j. edgar

J.edgar

réal. clint eastwood, scénario dustin lance black, int. leonardo dicaprio, naomi watts, armie hammer, judi dench, josh lucas. 2011, 135'. 3 pouces.

le synopsis
la vie et la carrière de j. edgar hoover (dicaprio), qui dirigea le fbi pendant 48 ans, de 1924 à 1972. symbole du maintien de l'ordre en amérique, puissant, controversé et redouté, l'homme fut également…


… énigmatique, cachant farouchement sa vie privée, ce qui eut pour effet d'alimenter les rumeurs les plus persistantes, notamment sur son homosexualité…

l'avis
film biographique impeccable – mais très "classique" – dans sa réalisation. un peu étonnant pour eastwood qui nous a habitués à des histoires, comment dire, plus fortes. non pas que celle-ci ne le soit pas mais je m'y suis un peu ennuyé, même si le personnage, vu à travers le prisme des différentes époques qu'il a traversées, est déjà intéressant en soi.

est-ce dû au parti pris narratif, qui fait constamment des aller-retour entre présent et passé, et qui empêche un peu de s'ancrer véritablement dans l'histoire? est-ce dû au jeu de dicaprio (qui commence à "faire du dicaprio" et qui, même si c'est secondaire, ne ressemble pas du tout au véritable hoover, surtout à la fin de sa vie)? est-ce que j'étais fatigué ce jour-là et que je suis "passé à côté" du film? allez savoir…

quoi qu'il en soit, l'homme était apparemment un visionnaire extrêmement ambitieux doublé d'un tyran et certainement d'un manipulateur. son rôle dans l'affaire lindberg, par exemple, suscite, aujourd'hui encore, la controverse. on le soupçonne d'avoir instrumentalisé le rôle et l'arrestation de bruno hauptman en 1934 pour se mettre en avant et promouvoir le fbi dans tout le pays. craint par tous les présidents américains (il a servi sous huit d'entre eux) pour les dossiers compromettants qu'il détenait (ce qui explique sans doute qu'il ait tenu si longtemps à la tête du fbi), le film nous apprend qu'il serait mort à la suite de sa destitution par le seul qui n'ait pas eu peur de lui: richard nixon, celui-là même qui tombera pourtant quelques années plus tard.

à voir de toute manière, pour la curiosité que suscite une telle figure du xxème siècle, et si, comme moi, vous êtes fan d'eastwood.

brèves de coulisses…
le scénariste oscarisé (pour harvey milk) dustin lance black a investigué en profondeur sur le personnage afin de construire une histoire qui colle à la réalité, choisissant par exemple de donner foi aux rumeurs sur l'homosexualité du personnage. le comédien josh lucas a immédiatement accepté d'interpréter le rôle de charles lindberg pour rendre hommage à sa grand-mère qui fit partie des wasp (women airforce service pilots) durant la seconde guerre mondiale et fut donc, à ce titre, l'une des premières pilotes américaines sur des vols commerciaux. la pennsylvania avenue, l'artère sur laquelle donnait le bureau de hoover, a été reconstruite numériquement, mais l'immense entrée de plusieurs bureaux du ministère de la justice a bel et bien été reconstituée en studio.

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