mission: impossible – protocole fantôme

Mission impossible - protocole fantôme

réal. brad bird, scénario josh appelbaum, andre nemec, tom cruise, int. tom cruise, simon pegg, paula patton, jeremy renner, michael nyqvist, vladimir mashkov, léa seydoux, josh holloway, tom wilkinson, anil kapoor, michelle monaghan, ving rhames. 2011, 213'. 3,5 pouces.

le synopsis
impliquée à tort dans l'attentat terroriste qui a détruit une partie du kremlin, l'agence IMF est totalement discréditée. ethan hunt (cruise) doit blanchir…


… son agence en déjouant toute nouvelle tentative d'attentat, qui plus est avec une équipe dont il ne connaît pas l'un des membres…

l'avis
la franchise retrouve l'intelligence qu'elle avait quelque peu perdue lors des deux épisodes précédents, estampillant ce film "thriller d'action et d'espionnage", grâce à une efficacité haletante, un montage nerveux et un scénario bien fichu (et donc crédible). certes, le générique du début est bâclé: trop d'images de synthèse, mauvais enchaînements, difficulté à suivre le fil (ce n'est pas la première fois que tout le film est résumé en quelques images) et le ressort est un peu éculé à présent (agence discréditée et membres seuls contre tous).

n'importe. l'ensemble du film rattrape largement ces quelques faiblesses.

on adore (quand elle est bien faite) cette alternative à james bond, un peu en perte de vitesse depuis le dernier opus, ce côté jason bourne indestructible, acharné, solide. tous les personnages, même secondaires, sont bien écrits et leur relationnel est crédible. bon, on ne comprend pas toujours les raisons ou les enjeux de la mission (… si vous l'acceptez, …) et on s'émerveille de ce que hunt sache tout de suite quoi faire et surtout comment le faire. ah, c'est un métier… et non, contrairement à ce que disent certains critiques chagrin, on ne se lasse pas de cette technologie ébouriffante (voir la séquence des sous-sols du kremlin), qui ne fonctionne pas toujours (clin d'oeil lors de la séquence, qui m'a bien fait transpirer, du burj khalifa) et dont il n'est pas déraisonnable de penser qu'elle existe déjà bel et bien, mais à l'usage secret et exclusif de l'armée américaine.

tout l'art des mission: impossible (comme de tous les films du genre) consiste à surprendre tout en restant dans les limites du crédible. le premier épisode (brian de palma, 1996) était parfait car il restait fidèle à la série originale. ridicule à force de jouer la surenchère, le deuxième (john woo, 2000) avait fait un gros flop. le troisième (j. j. abrams, 2006) tentait de réinstaurer, sans toutefois y parvenir tout à fait, l'esprit de la franchise, avec un méchant toutefois assez flippant (philip seymour hoffman). le quatrième semble bien, à mon humble avis de misérable ver de terre, renouer sinon avec le succès, du moins avec un intérêt marqué, voire un engouement manifeste chez les fans dont je suis.

à voir? définitivement, donc.

brèves de prod
brad bird
, le réalisateur du film, n'est autre que celui de… ratatouille (2007), les indestructibles (2004) et le géant de fer (1999)! eh oui, spécialiste du film d'animation, il change complètement de registre avec mission: impossible, sans pour autant tourner le dos à son genre de prédilection puisqu'il prépare, à l'heure où nous imprimons ces colonnes, la suite des indestructibles, suivi d'un second film live: 1906, qui peine d'ailleurs à trouver le chemin de la production. ving rhames, qui fait un nano-apparition à la toute fin du film, est le seul avec cruise à apparaître dans les 4 opus de la saga. michelle monaghan (l'oeil du mal et code source), qui interprète l'épouse d'ethan hunt, et simon pegg (shaun of the deadhot fuzz, star trek), dans le rôle de l'adjuvant benji dunn, apparaissent quant à eux 2 fois (dans les deux derniers épisodes). le personnage de jeremy renner n'était pas du tout prévu dans le scénario de départ et a été ajouté suite à une rencontre fortuite avec tom cruise. tom wilkinson fait également une brève apparition dans le rôle de theodore brassel, le secrétaire de l'IMF, rôle tenu dans l'épisode précédent par laurence "morpheus" fishburne. à l'origine, le film devait s'appeler mission: impossible – aries. les scènes d'action sur la façade du burj khalifa ont bien été tournées sans trucages ni doublure, tom cruise ayant tenu, comme à son habitude, à les effectuer lui-même (à part bien sûr un filin de sécurité effacé en post-prod, faut pas déconner tout de même). il semblerait que la désaffection du public, et surtout des majors, vis-à-vis de cruise suite à ses propos et son attitude quant à son appartenance à l'église de scientologie, soit oubliée. il reste apparemment une star sur qui les studios peuvent bâtir un gros succès au box office. en attendant, lors de la tournée promo du film au 4 coins du globe, la production aurait payé 200 figurants pour lui réserver un accueil triomphal à son arrivée à l'aéroport de bombay… on veut bien prendre des risques, mais pas celui du ridicule…