tintin et le secret de la licorne

Tintin licorne

réal. steven spielberg, int. jamie bell, andy serkis, daniel craig, simon pegg. 2011, 140'. 3 pouces.

le synopsis
jeune reporter, tintin achète dans un marché aux puces…


… une maquette de bateau, sans savoir qu'elle est très convoitée car elle renferme un indice menant à un fabuleux trésor.

l'avis
j'ai commis l'erreur d'aller voir ce film en vo. du coup "tinetine", "snowy", "thomson and thompson" et surtout "marlinspike hall" , ça le fait quand même moins. je dirais même plus, ça dérange carrément le francophone même pas tintinophile (mais a-t-on besoin de l'être en l'occurrence?) que je suis.

cela dit, que dire d'intéressant? le film est agréable et bien mené, mais ne sera véritablement nouveau que pour un public non francophone peu connaisseur des aventures du célèbre reporter (genre outre-atlantique). le scénario est en fait une adaptation de trois albums: le crabe aux pinces d'or, le secret de la licorne et le trésor de rackham le rouge. car dans l'album du secret… (paru d'abord sous forme de feuilleton à épisodes entre 1942 et 1943, puis sous forme d'album couleur en 1943), tintin et haddock se connaissent déjà. en revanche, comme dans le film, moulinsart y apparaît bien pour la première fois. côté facture, ça va paraître une évidence, le film atteint la perfection dans tous les compartiments – ambiances, éclairages, décors, matières, textures, etc. – sauf, encore et toujours, pour la peau humaine – et c'était le défi ici je pense – qui s'approche malgré tout d'un réalisme bluffant, accru par la 3d. en résumé, un peu inutile pour nous francophones mais tout de même très agréable à regarder.

les coulisses
spielberg n'a quand même pas résisté à "faire son américain", surtout dans la séquence de la poursuite à moto et celle du "combat de grues" sur laquelle plane l'ombre de jerry bruckheimer. faut-il toujours dépoussiérer les mythes à ce point (voir le fiasco commercial de la nouvelle version inutile des trois mousquetaires)? faut-il toujours que "moderniser" soit synonyme de "surenchère", dans la violence ou l'effet visuel? mais voilà, il faut plaire à tout prix (au risque de n'être pas rentable) au plus grand nombre (surtout au plus grand nombre américain), qui ne se reconnaît plus au cinéma ou à la télévision que dans ce bruit et cette fureur?

bon, n'exagérons rien tout de même, tintin n'est pas transformers et steven spielberg n'est pas michael bay. mais il a fait bien mieux que ça en créant d'authentiques mythes cinématographiques. la voix de tintin est assurée par jamie bell qui fut révélé en 2000 dans billy elliot et qui est devenu depuis un grand gaillard de 25 ans (il est né en 86). spécialiste désormais incontournable de la technique dite de la motion capture avec, notamment, gollum et césar (la planète des singes) à son palmarès, andy serkis remet ça avec le capitaine haddock (auquel il prête aussi sa voix, eh oui, l'homme est avant tout comédien), tandis que daniel "bond, james bond" craig prête la sienne à l'infâme mais distingué ivanovich sakharine.

le film est produit, notamment, par un peter jackson méconnaissable (il a dû perdre 40 kg depuis le seigneur des anneaux), dont la société (weta, déjà responsable des effets d'avatar et de la planète des singes) a également réalisé les effets spéciaux du film. pour autant que le secret de la licorne rencontre le succès, deux suites sont déjà prévues: les sept boules de cristal et le temple du soleil. et pour en avoir le coeur net, le studio a décidé d'avancer de deux mois la sortie du film pour le tester sur le marché européen, avant de le lancer aux états-unis où le héros n'est pas très connu. ce qui fait que, outre-atlantique, il sortira presque en même temps qu'un autre spielberg: cheval de guerre (février 2012).

marrant à savoir
le premier, et le seul, acteur à incarner tintin en chair et en os est jean-pierre talbot, qui, après deux longs métrages dans la peau du jeune reporter à la houpette (tintin et le mystère de la toison d'or, 1961, et tintin et les oranges bleues, 1964) s'est retiré du cinéma pour se consacrer à l'enseignement.