minuit à paris

Minuit à paris

réal. woody allen, int. owen wilson, rachel mcadams, marion cotillard, kathy bates. 2010, 94'. 3,5 pouces.

le synopsis
en séjour à paris avec sa fiancée (mcadams), un scénariste hollywoodien (wilson) se laisse emporter par son amour pour la capitale française où…


… il avait séjourné lorsqu'il avait vingt ans.

l'avis
malin, ce petit film, et bien éloigné des derniers métrages du maître. on retrouve la veine, la fantaisie et… la profondeur de la rose pourpre du caire, l'évasion du personnage de son carcan quotidien par élément interposé (le cinéma dans la rose pourpre) et la découverte d'un sens à sa vie (l'amour, pour les personnages du même film). dans minuit à paris, il est plutôt une question de création (littéraire en l'occurrence), de source d'inspiration et de références qui rendent possible cette création. ça c'est pour le thème principal. le thème secondaire, plus subtil, parle des choix que l'on n'a pas faits, des choses à côté desquelles on est passé, par paresse, par lâcheté, par erreur. gil (wilson) a donc vécu à paris lorsqu'il avait vingt ans et pour lui, la ville-lumière est symbole de romantisme (et donc d'inspiration). or il n'y est pas resté et le regrette en y revenant. comme woody allen, d'ailleurs, qui est tombé sous le charme de la capitale en 1965, alors qu'il était scénariste et interprète de quoi de neuf, pussycat? mais la comparaison s'arrête sans doute là. le ton et l'ambiance sont surtout romantiques et insouciants, même si la gravité est là, comme dans tous les films d'allen, mais en mode mineur. le personnage de gil évolue au cours du film, se prend en main, décide de la direction que va prendre sa vie, même si elle implique des choix douloureux et l'abandon des illusions (le passage à l'âge adulte en somme). du coup, on découvre qu'il y a un troisième niveau de lecture, ou plutôt une morale, cohérente avec le reste: rien ne sert de se bercer d'illusions, le bonheur et la sérénité se trouvent en chacun de nous, à l'endroit où l'on se trouve. d'où la fin, logique. un film optimiste et sympa à voir bien au chaud en ces premiers frimas automnaux.

les coulisses
pas mal d'acteurs français figurent au casting, une manière pour le réalisateur de témoigner son affection pour l'hexagone: marion cotillard (la muse), léa seydoux (la jeune architecte d'inception, qui joue ici l'antiquaire) et carla bruni (la guide du musée), mais aussi gad elmaleh (le détective), marianne basler (la reine à versailles), audrey fleurot (la dame du lac de  kaamelott ou l'avocate véreuse joséphine karlsson d'engrenages, qui interprète ici une fêtarde des années 1920) et même stefan godin (qui joue ici un acteur mais qui est surtout la voix française de gil grissom, des experts las vegas). mais on remarque à peine ces trois derniers comédiens, tant leur apparition à l'écran est courte. à noter qu'adrian brody fait un caméo marrant en salvador dalí et que carla bruni a touché un cachet de figurant, soit € 150.- la journée. il est vrai que, sans vouloir être méchant (quoique), sa prestation ne valait guère plus. allen aurait dit qu'il lui aurait volontiers confié un rôle plus important mais que cela n'aurait pas été pratique pour elle de bloquer plusieurs semaines de tournage dans son agenda très chargé. diplomate le gars. d'autant qu'il était en promo dans le pays dont le mari de son "interprète" est le président. ceci expliquant sans doute cela. minuit à paris est le 42ème long métrage d'allen stewart königsberg et il en a deux en (post-)production, nero fiddled et paris manhattan, de sophie lellouche, dont il n'est que l'interprète.