buried

Buried

réal. rodrigo cortés, scénario chris sparling, int. ryan reynolds, samantha mathis. robert paterson, stephen tobolowsky, josé luís garcía pérez. 2010, 95'. 3 pouces.

le synopsis
camionneur américain, paul conroy (reynolds) se réveille enfermé dans…


… un cercueil avec un portable à moitié chargé, un briquet tempête et 90 minutes d'oxygène. sans se souvenir de qui l'a mis là ni pourquoi…

l'avis
j'étais curieux de savoir comment ils allaient nous tenir en haleine pendant une heure et demie avec ce thriller claustro à un personnage. j'avais déjà été agréablement surpris avec phone game (qui ne se déroulait certes pas intégralement dans une cabine téléphonique). ici, s'il y a d'autres personnages (on n'entend cependant que leur voix), l'action se déroule dans le cercueil de la première à la dernière seconde. diablement efficace car le spectateur vit, seconde après seconde, ce que vit le personnage: incompréhension, angoisse, asphyxie, espoir, panique, désespoir, bref, tout ce que l'on peut imaginer traverser en pareille situation. et le pire, c'est que c'est tellement bien fichu qu'on ne voit pas du tout les 95 minutes passer. très fort.

plus fort encore: l'écriture. le scénariste chris sparkling fournit une idée très claire, à travers les coups de fil que le personnage arrive à passer pour tenter de s'en sortir, de la lâcheté des entreprises qui se couvrent pour ne pas devoir payer d'indemnités aux victimes, de l'indifférence de bureaucrates se trouvant à des milliers de kilomètres des drames, de l'amateurisme des preneurs d'otages, et enfin de l'impuissance de ceux qui se battent pour les sauver. finalement, pas besoin d'être à l'extérieur pour comprendre ce qui s'y trame. le pire, c'est qu'on imagine que le cercueil ne doit pas être enterré bien loin de la surface, car d'une part on entend, à un moment, des bruits étouffés, et d'autre part, privé de réseau s'il était enterré trop profondément, le personnage ne pourrait sûrement pas téléphoner. rodrigo cortés signe là un joli petit thriller asphyxiant. vachement bien.

si le personnage est très mal parti, le comédien qui l'incarne, ryan reynolds, est, lui, très bien parti pour tirer son épingle du jeu sur l'échiquier hollywodien. après différents petits rôles (buried est son 4ème ou 5ème film), celui de paul conroy a véritablement lancé sa carrière puisque, depuis cette épuisante aventure, en 2010, le beau gosse enchaîne les tournages. de même, buried est le 2ème long métrage du réalisateur. et quand l'on sait qu'il a réalisé en 2001 le court métrage espagnol le plus primé de l'histoire, on se doute qu'il fera encore parler de lui dans un proche avenir. huit cercueils ont été construits pour les besoins du film et le tournage s'est déroulé intégralement sous terre, afin de ne casser l'angoisse du personnage (et l'implication du spectateur).