super 8

Super 8

réal. j. j. abrams, scénario j. j. abrams, int. kyle chandler, joel courtney, elle fanning, riley griffiths, ron eldard. 2011, 110'. 3 pouces.

le synopsis
1979, dans une petite ville américaine. alors qu'ils tournent un film d'horreur, des adolescents sont…


… témoins d'un accident ferroviaire. ils ne vont pas tarder à découvrir qu'il ne s'agit pas d'un accident.

l'avis
disons-le d'emblée: le film est décevant. abrams aborde ici un genre auquel il ne nous avait pas habitués: le film d'ados. un genre qui, soit dit en passant, peut passer ici pour un prétexte, tant les personnages principaux sont translucides et leurs relations sans grand intérêt, ou pour une plongée dans les souvenirs perso du réalisateur (m'est avis qu'il devait être gros et complexé) pour les exorciser et dire au monde entier, sous couvert de divertissement, "regardez ce que je suis devenu et je vous emmerde". dans les deux cas, on s'en fout un peu car on est très loin de la qualité d'écriture de stand by me, (adapté il est vrai, excusez du peu, du roman de stephen king).

cela étant, l'énergie de ces gamins passant leur été à s'entraider pour réaliser un film de zombies avec les moyens du bord (abrams a d'ailleurs demandé à ses jeunes comédiens d'écrire eux-mêmes le scénario de leur film, espérant que cela serait une source d'inspiration pour les jeunes spectateurs) m'a particulièrement touché car elle m'a ramené au temps (les années 75-78) où je tournais des films (en super 8 évidemment) à mes heures perdues avec mes potes de lycée avec une petite canon que j'ai précieusement gardée et qui fonctionne toujours. ces différentes expériences n'ont fait de moi ni un scénariste ni un réalisateur mais ont consolidé mon amour pour le cinéma. fin de la parenthèse.

pour en revenir à super 8, on l'aura donc compris, stylisme, décors, ambiances et reconstitutions sont un hommage clair aux films des années 1970-1980 (e.t. et les goonies entre autres) qui ont bercé l'adolescence du réalisateur (il avait 13 ans en 1979, âge où la plupart des grands metteurs en scène font leur premières armes avec la caméra reçue à noël ou à l'occasion d'un anniversaire) et forgé son caractère de cinéaste. entre parenthèses, la rencontre d'abrams avec spielberg ne date d'ailleurs pas d'hier. alors qu'il était adolescent, le premier se fait repérer par l'assistante du second, grâce à un film qui a fait parler de lui, qui lui propose, à lui et à son ami d'enfance matt reeves (le réal de cloverfield) de restaurer les tout premiers films amateurs (en 8 mm) du grand steven. inutile de dire que les deux ados ne se sont pas fait prier. fin de la (seconde) parenthèse.

mais tout ça ne fait pas un bon film à tous les coups pour autant.

les bandes-annonces qui nous titillaient depuis des mois nous promettaient, comme toute bonne bande-annonce, du sang, de la chique et du molard. du abrams, quoi. en tous les cas un suspense comme spielberg ou, plus récemment, shyamalan (encore un qui s'est perdu dans les méandres de notre déception), savaient nous en ménager. on s'attendait à du cloverfield (qu'il n'a "que" produit) à la sauce e.t. passé dans une presse de 15 tonnes. bref à du spectaculaire intelligent et bien enlevé. au lieu de ça, on a un film un peu mou, pas super-bien écrit, avec un final qui frise le ridicule, sauf évidemment les séquences avec la créature, dont la conception et le sound design terrifiants (et je pèse mes mots) valent à eux seuls le déplacement.