la planète des singes: les origines

La planète des singes - les origines

réal. rupert wyatt, scénario rick jaffa, amanda silver, int. andy serkis, james franco, freida pinto, john lithgow, brian cox, tom felton. 2011, 120'. 3,5 pouces.

le synopsis
des scientifiques testent sur des chimpanzés un traitement contre l'alzheimer. miracle, il fonctionne…


… mais, comme il se doit (dans l'oeil), a des effets secondaires: il développe les capacités cérébrales des chimpanzés. césar, le chimpanzé sauvé du labo par le chef de projet (franco), devient même supérieurement intelligent…

l'avis
voilà une genèse plutôt bien écrite et assez bien ficelée. le film relate ce qui n'était qu'évoqué dans la version, éreintée par la critique, de tim burton en 2001, à savoir la responsabilité de la science dans l'évolution des singes, et qui ne figurait pas dans le roman original de pierre boule. l'originalité du récit vient de ce qu'il est raconté, et cette subtilité constitue un changement radical par rapport aux autres films de la saga, du point de vue de césar (un nom prédestiné et bien évidemment pas choisi au hasard). le personnage principal est donc le singe, que l'on suit de sa naissance à son émancipation, qui évolue, apprend, grandit, développe des sentiments (humains), souffre d'être trahi, apprend à vivre en communauté (c'est-à-dire à être dominé, puis à dominer), se révolte et finalement prend la tête d'un groupe pour mener le soulèvement de son espèce contre les humains. on s'attache donc à lui. d'autant que son intelligence transparaît sur ses traits. en effet, les concepteurs des effets spéciaux lui ont volontairement – et c'est bien vu – prêté des traits moins simiesques que ses congénères (moins intelligents que lui) qui le rendent évidemment plus humain qu'eux, même s'il reste un animal, avec toute la violence de son instinct.

une fois encore, et comme d'autres avant lui (jurassic park, mondwest, i robot, splice, blade runner, etc.), le film se pose la question de l'éthique face à l'intérêt financier, mais aussi du risque inhérent à toute recherche de progrès. en gros, jusqu'où peut-on aller sans violer les lois de la nature? doit-on, simplement parce qu'on peut? du coup, l'être hybride ainsi créé en vient vite à se demander qui il est et quelle est sa place dans ce monde qui n'est pas le sien, jusqu'à se retourner contre son créateur.

c'est andy serkis (le gollum du seigneur des anneaux) qui interprète césar. un spécialiste de ce genre de rôles extrêmement difficiles puisqu'ils exigent du comédien d'exprimer toute la richesse de leur jeu. la technique employée ici s'appelle performance capture. le comédien est revêtu d'une combinaison munie de capteurs qui transmettent ses mouvements et ses expressions faciales à l'ordinateur. ce qui permet une très grande précision de rendu.

à remarquer la présence de freida pinto, actrice indienne qui s'était fait remarquer dans slumdog millionaire et de tom felton qui joue dodge, le fils sadique du gardien de la fourrière (cox) où sont parqués les singes, plus connu pour son rôle de drago malefoy dans la saga harry potter, et dont c'est le premier rôle depuis la fin de ladite saga. premier petit détail au passage, la fourrière ressemble étrangement à celle où sont enfermés les humains dans le premier épisode de la saga (avec charlton heston). second détail sous forme de clin d'oeil: avant de mener les siens à la révolution, césar reprend à son compte, mais du point de vue du singe, la phrase que proférait heston dans le premier film, marquant son affranchissement de sa condition d'animal et du joug de l'humain, ainsi que le véritable début de la révolte.