lovely bones

Lovely bones

réal. peter jackson, int. stanley tucci, mark wahlberg, rachel weisz, saoirse ronan, rose mciver, michael imperioli. 2009, 128'. 3 pouces.

le synopsis
une adolescente de 14 ans (ronan) est assassinée par un voisin, maniaque sexuel (tucci). son corps n'est jamais retrouvé et la jeune fille erre dans un entre-deux mondes en attendant d'être libérée.

l'avis
ce film est avant tout une histoire…


… de deuil. une histoire dramatique pour la famille, une histoire fantastique pour la jeune fille. chacun vit son chagrin, sa perte, son manque, à sa manière. le père (wahlberg) qui tente de retrouver les gestes qu'il avait avec sa fille et cherche par tous les moyens à savoir, allant jusqu'à donner des pistes à l'inspecteur de police (imperioli) chargé de l'enquête, la mère (weisz) qui ne supporte plus la demeure où sa fille ne vivra plus, la soeur (mciver) qui tente de découvrir la vérité au péril de sa vie et la victime (ronan) qui essaie de se consoler, entre colère et résignation, coincée dans l'entre-deux mondes (tant que son affaire n'est pas résolue) du fait que ce salaud l'a privée de son premier baiser et de tout ce qu'elle aurait pu vivre dans sa vie.

l'histoire se passe dans les années 1970 et les reconstitutions, bluffantes, accroissent un réalisme totalement contrebalancé par la beauté et l'onirisme des scènes de l'entre-deux mondes.

à ce propos, je pensais que la partie "terrestre" prendrait la direction d'un polar, voire d'un thriller, mais le réalisateur en a décidé autrement, livrant une vision un peu édulcorée et gentillette du réel, sans doute pour ne pas créer de trop grande rupture avec la partie fantastique. déception, car la brutalité des faits aurait sans doute été mieux servie par un réalisme cru, ce qui aurait créé du même coup un contraste plus intéressant. mais voilà, c'est un peu mou du genou. dommage. toutefois, malgré une facture et une photographie ultraléchée, le film est lourd, même dans l'acceptation du deuil, et certaines scènes sont symboliquement très glauques, telle la séquence du coffre-fort à la fin.

l'entre-deux mondes est à l'image des rêves et des angoisses enfouies de la jeune adolescente, un monde tantôt lumineux et merveilleux tantôt sombre et menaçant. jackson le gros barbu (qui a quand même un peu maigri) tente de reconstituer ce que pourrait être l'entre-deux mondes d'une jeune ado en pensant livrer des images d'une grande beauté mais n'évite malheureusement pas le piège de la mièvrerie.

scénariste, avec sa compagne fran walsh, il préfère aussi punir le coupable autrement que par la justice des hommes et ne donner de répit à la famille que sous la forme d'une résignation assumée (sans que l'énigme soit résolue, c'est-à-dire que le corps soit retrouvé)… c'est un choix qui nous prend un peu à contre-pied. et pour une fois, ce contre-pied nous laisse frustrés, certes conscients que des centaines, voire des milliers de cas doivent certainement connaître la même issue, et qu'il eût sans doute été trop linéaire d'écrire une résolution "à la polar classique", mais frustrés tout de même, une fois n'est pas coutume, par ce manque de linéarité. je sais, jamais content…