gainsbourg (vie héroïque)

Gainsbourg (vie héroïque)

réal. joann sfar, int. éric elmosnino, laetitia casta, lucy gordon, mylène lampanoï, anna mouglalis. 2010, 130'. 3 pouces.

le synopsis
la vie de lucien ginzburg (elmosnino), du petit garçon juif surdoué, déjà poète et musicien dans le paris occupé des années 1940 au musicien à succès courtisé, puis courtisan, jusqu'à sa mort en 1991.

l'avis
habile biopic (comme se plaisent à écrire ceux qui parlent anglais comme des pieds mais adorent parsemer leurs textes d'anglicismes gratuits dont ils seraient infoutus de donner l'origine ou même un équivalent français satisfaisant, comme film biographique ou même l'amusant biografilm), habile biopic disais-je (oui môssieur, je me le permets parce que j'ai une maîtrise d'anglais et un diplôme de traducteur, MOI, non mais des fois, chteujure!), donc habile biopic qui raconte comment…


… un petit garçon surdoué et (im)pertinent s'est frayé un chemin, en compagnie de sa "gueule", son double imaginaire (inventé par sfar pour rendre compte de la complexité de son personnage), dans une vie qui n'était pas, loin s'en faut, gagnée d'avance. une belle revanche sur sa judéité et sa "non-beauté" qui faisait finalement (et apparemment) tout son charme, et attira sans qu'il le voulût (en tout cas au début) quantité de femmes jeunes et belles (et célèbres pour la plupart). de juliette gréco (mouglalis) à bambou (lampanoï), en passant par bardot (casta) et birkin (gordon), le film raconte aussi, bien sûr, ses amours tumultueuses puisque, indissociables de sa carrière (et de son talent), elles lui inspireront l'écrasante majorité de ses plus grands succès. la bande originale regorge de chansons "importantes" (60 "moments" musicaux en tout), discrètement distillées pour créer un repère temporel à l'action ou carrément reproduites en entier quand le propos l'exige. cela dit, je ne connais pas plus que ça la vie de serge gainsbourg et ne suis donc pas sûr des faits relatés dans le film. mais j'ai confiance que le réalisateur-scénariste-auteur de bandes dessinés n'aura pas pris de trop grandes libertés par rapport à leur véracité. jane birkin a cependant souhaité qu'une mention soit ajoutée au titre du film ("un conte de joann sfar") afin d'indiquer que les dialogues et les situations ne sont pas forcément authentiques. magnifique (et avec un minimum de maquillage sur le nez et les oreilles) dans le rôle-titre, elmosnino a accompli au théâtre (molière de la révélation théâtrale en 2002) l'essentiel d'une carrière parsemée toutefois de quelques rôles pour le grand écran. celui-ci l'a fait connaître du grand public et lui a valu le césar 2011 du meilleur acteur. la première projection du film à cannes, le 20 mai 2010, a hélas été "endeuillée" par la mort, par suicide, de lucy gordon, dans son appartement parisien, deux jours avant son 29ème anniversaire.

long mais sans longueurs, gainsbourg, etc. est à voir pour la performance des comédiens, si l'on est fan de gainsbarre, si l'on aime les films biographiques ou si l'on est simplement curieux.