code source

Code source

réal. duncan jones, scénario ben ripley, int. jake gyllenhaal, michelle monaghan, vera farmiga, jeffrey wright. 2011, 93'. 3,5 pouces.

le synopsis
colter stevens (gyllenhaal) se réveille dans un train, totalement désorienté. alors qu'il cherche à comprendre ce qui se passe, une bombe explose, détruisant tout. c'est alors qu'il se réveille…

l'avis
rêve ou réalité? c'est,…


… bien sûr et heureusement, un tout petit peu plus compliqué que cela. le thème de l'influence du passé sur l'avenir (en l'occurrence) est central mais il ne s'agit pas d'un voyage dans le temps. pas au sens classique, physique, du terme en tout cas.

baptisé "code source", un nouveau programme vient d'être mis au point qui permet de pénétrer l'esprit d'un individu et de revivre les huit dernières minutes de son existence. ce programme est destiné à empêcher un événement dramatique, terroriste par exemple, de se produire. comme toujours dans ce type de postulat, la question se pose: peut-on changer le passé puisqu'il s'est déjà produit et, si on y parvient, l'intervention changera-t-elle le futur, c'est-à-dire, en l'occurrence, le présent que l'on est en train de vivre?

la question fascine depuis la nuit des temps: existe-t-il une infinité d'espaces-temps parallèles, et donc une infinité de "nous" – résultant (notamment) d'une multitude d'autres choix de vie que nous aurions faits (ou que nos proches auraient faits qui auraient eu une influence, directe ou indirecte, sur notre vie et/ou notre comportement), de milliards de décisions différentes que nous aurions prises et donc d'une infinité de conséquences que ces choix et décisions auraient provoquées – qui vivraient, évolueraient et mourraient bel et bien dans des univers "adjacents" au nôtre, et que nous ne connaîtrons, forcément, jamais.

le scénario part donc de cette idée. en l'occurrence, c'est pour la bonne cause. ça l'est toujours dans ces histoires. mais imaginons qu'une telle découverte tombe en de mauvaises mains… brrr ça fait froid dans le dos. imaginons par exemple qu'on parvienne à remonter en 1908 et à influencer le juré de l'académie des beaux-arts de vienne d'accepter en son sein un jeune étudiant du nom d'adolf hitler. le monde s'en serait-il mieux porté? sans l'ombre d'un doute. hitler aurait-il développé son antisémitisme et ses idées extrémistes? pas sûr. encore que. la thèse d'éric-emmanuel schmidt est à ce titre passionnante et intellectuellement confortable et rassurante car elle propose une autre solution, positive celle-là, résultant directement d'une décision simple, prise à un moment précis de l'histoire. cela dit, si l'on pouvait l'empêcher, la folie et/ou la bêtise des hommes disparaîtraient-elles pour autant? il y a fort à parier qu'il faudrait en faire, des voyages dans le temps, pour empêcher ou corriger quoi que ce soit.

mais surtout, serions-nous pareils à nous-mêmes aujourd'hui? sûrement pas et cette réflexion fait frémir, tant elle est abyssale. elle a été abordée dans moults métrages, notamment dans le classique, mais compliqué, retour vers le futur 2, le drôlissime un jour sans fin, le passionnant déjà vu ou le flop mais intéressant sphère. tant que la technologie adéquate n'aura pas été inventée, nous resterons cantonnés à des suppositions plus ou moins intelligentes. dans le cas de code source, elles sont plutôt pas mal et assez inédites.

donc à voir, bien sûr.