true grit

True grit

réal. joel & ethan coen, scénario joel & ethan coen, d'après l'oeuvre de charles portis, int. jeff bridges, hailee steinfeld, matt damon, josh brolin, barry pepper. 2010, 110'. 3 pouces.

le synopsis
seule au monde, mattie ross (steinfeld) veut venger la mort de son père, tué par le très dangereux tom chaney (brolin). problème,…


… mattie n'a que 14 ans. elle engage donc rooster cogburn (bridges), marshall réputé coriace…

l'avis
seconde adaptation du roman-feuilleton de charles portis (après 100 dollars pour un shérif, de henry hathaway, en 1969, qui valut à john wayne, dans le rôle de cogburn, le premier et seul oscar de sa carrière) – et il s'agit bien d'une nouvelle adaptation et non d'un remake -, true grit est aussi le premier western des frères coen.

un western un peu à l'ancienne, dans un pays qui suintait le sang et la sueur, qui sentait bon la chique et la chaussette trouée, un western où l'accent du sud était un peu plus incompréhensible que celui d'aujourd'hui, où la façon de voir la vie n'était pas comme la nôtre, où certains hommes tuaient pour prendre ce qui ne leur appartenait pas et s'en tirait en toute impunité (wait, ça c'est comme aujourd'hui!), où d'autres étaient vengés par leur fille de 14 ans, qui n'avait peur de rien ni de personne et qui savait parfaitement évoluer dans ce monde brutal d'hommes sans états d'âme. comme mattie ross, donc, comme déjà dit dans la sus-section "le synopsis". ce qui nous amène surtout à dire deux mots sur le titre.

or donc (les deux mots en question), la première question qui vient à l'esprit, tant elle est saute à l'esprit, si j'ose dire, est: "what the f… does that mean??". croyez-moi si vous voulez, mais je n'ai encore entendu personne la poser, et donc encore moins y répondre, à cette question. au moins, en 69, ils s'étaient fendus d'une traduction, même très libre. c'est donc que tout le monde comprend ce que veut dire "true grit"… ou bien? je peux passer à autre chose?

(silence de mort)

nan j'décooonne!!! je conçois que, même si ça ne veut rien dire a priori pour un public non anglophone, "true grit" sonne mieux que "avoir quelque chose dans l'slibard" ou, plus poétiquement, "avoir des couilles" par exemple, qui aurait fait davantage production de marc dorcel pour un public francophone (et averti, quoiqu'un peu ringard)… vous l'aurez, nous l'aurons tous compris, l'histoire repose donc sur une affaire de cran, de courage, de dépassement de soi et d'abnégation par sens aigu de l'honneur. et bien entendu, ceux qui ont du cran ne sont pas forcément ceux qu'on croit, c'est-à-dire les durs à cuire, tueurs et autres assassins patibulaires que ça. tout le monde a ses petites lâchetés, ses petits renoncements sauf la gamine qui leur en remontre, à tous ces forts en gueule, et qui ira jusqu'au bout pour honorer la mémoire de son père. tête dure, la petite. c'est ce qui la rend profondément humaine. donc très sympathique.

le rôle ne valait effectivement pas un oscar à jeff bridges, même si sa prestation est bonne et qu'il introduit dans son personnage, comme à chaque fois, une bonne dose d'humour. les esquintés de la vie, mais avec second degré, les kilomètres au compteur, mais avec recul, ça le connaît bien et c'est un registre dans lequel il excelle. jeff je t'aime, t'es un grand bonhomme. par contraste, les personnages que composent damon et brolin font un peu pâle figure, non que les acteurs soient mauvais, c'est plutôt les personnages qui seraient un peu moins bien écrits. mention spéciale à hailee steinfeld qui tient ici un premier rôle particulièrement convaincant. une future star à mon avis.

à voir donc. moins parce que c'est un coen que parce qu'un coen, ça ne se loupe pas.