a single man

A single man

réal. tom ford, scénario tom ford, d'après le roman de christopher isherwood, int. colin firth, julianne moore, nicholas hoult. 2008, 100'. 2,5 pouces.

le synopsis
los angeles, 1962. à la mort de son compagnon dans un accident de voiture, george falconer (firth) se sent…


… incapable d'envisager l'avenir, malgré l'aide de charley (moore), son amie de toujours…

l'avis
ce film est un peu vain. très esthétique (c'est tom ford qui l'a réalisé, ne l'oublions pas), mais un peu vain. même si le thème – la perte d'un être cher – est universel et bien sûr pas lié à une sexualité en particulier, que le stylisme est parfait (l'élégance toute mastroiannienne de firth est à tomber et les coiffures de moore, très d'époque, la rendent elle aussi à tomber), que la photo et la reconstitution tant des décors que des atmosphères sont également parfaites… on s'ennuie un peu.

l'histoire de ce professeur d'université homosexuel incapable de sortir de son chagrin tout britannique, c'est-à-dire "presque" sans émotion apparente (ça va tellement bien à firth qui ne sort décidément pas de ce registre flegmatico-ténébreux), nous passe un peu au-dessus de la tête. on peine à trouver un intérêt dans ce qui intéresse ford. la mise en scène, lente, est un tantinet passive. vous me direz, c'est voulu et elle colle à l'action. oui mais voilà, il n'y a pas d'action, au sens dramatique du terme. l'amour, presque la maniaquerie, de l'accessoire dont fait preuve le personnage trahit plus celui du réalisateur-styliste qu'il ne construit un personnage intéressant. le film se complaît dans une sorte de sensualité qui n'est pas désagréable en soi mais qui ne va nulle part, si ce n'est vers ce final qui laisse un peu le spectateur sur sa faim.

curieusement, si ce film est sensible, son esthétisme exacerbé empêche de créer une quelconque émotion et, au fond, de rester dans la mémoire une fois la projection terminée. il a néanmoins remporté quelques récompenses, notamment à la mostra de venise en 2009.