la rafle

La rafle

réal. rose bosch, int. mélanie laurent, jean reno, gad elmaleh, anne brochet, sylvie testud, raphaëlle agogué, catherine allégret, isabelle gélinas, catherine hosmalin. 2009, 115'. 3 pouces.

le synopsis
le 16 juillet 1942, en accord avec l'occupant allemand, le gouvernement de vichy accepte d'arrêter 13'152 juifs (chiffre officiel) pour les "parquer" au vélodrome d'hiver à paris, avant de…


… les déporter, d'abord à beau-la-rollande, drancy, pithiviers et compiègne, puis dans les camps d'extermination.

l'avis
que dire d'un film où tout, absolument tout, est vrai, des personnages (le vrai joseph weismann, héros du l'histoire qui avait 11 ans à l'époque, tient un rôle minuscule dans le film) aux événements, en passant par l'impensable marchandage entre français et nazis ("nous voulons 24'000 juifs", "24'000 c'est trop, on ne peut pas justifier un tel nombre"), la crédulité des uns, l'ignominie des autres, les terribles tragédies personnelles et l'insondable sentiment de honte qui se dégage de cet odieuse période de l'histoire de france. on sait tous comment l'histoire s'est terminée pour ces milliers, ces millions, d'hommes, de femmes et d'enfants et il est difficile de parler d'un tel sujet sans tomber dans les insupportables lieux communs d'usage, genre "plus jamais ça" etc. n'empêche. notre réaction de révolte face aux crimes des uns et d'admiration pour le courage des autres, reste (doit rester) la même, 70 ans plus tard.

du point de vue strictement cinématographique, pas grand-chose à dire si ce n'est que tout – la mise en scène, les comédiens, les décors, le stylisme, etc. – sert l'histoire. la réalisatrice rose bosch raconte l'histoire (avec un petit, mais aussi avec un grand "h") sans prendre parti, en se "contentant" de relater les faits. la reconstitution du vel' d'hiv', ce bâtiment du 15ème arrondissement de paris détruit en 1959, est quant à elle très bien fichue.

quant à ce casting de stars, à mon avis il fait plus de bien à la popularité du film lui-même (ce qui n'est pas mauvais en soi, on peut penser que plus les spectateurs seront nombreux à l'avoir vu, plus la sensibilisation sera importante) qu'elle ne sert véritablement l'histoire. autant j'aime bien gad elmaleh, autant je trouve qu'il n'est pas crédible dans son rôle de père plein de philosohpie à l'égard de la vie et de bienveillance à l'égard de sa famille. pareil pour jean reno qui "joue", ça se sent à plein nez, le gars humble et écrasé par le poids de son impuissance. il n'y a que mélanie laurent qui tire son épingle du jeu car, fidèle à elle-même, elle ne semble pas jouer son rôle d'infirmière militante (annette monod, décédée en 1995). le film aurait-il gagné en vérité à n'être interprété que par des inconnus? sûrement car il aurait eu des accents de reportages, évitant ainsi toute "pollution" émanant de visages reconnaissables. aurait-il fait moins d'entrées? sûrement car, du coup, il aurait bénéficié d'une distribution en salles plus anecdotique. le serpent qui se mord la queue, en somme. sacrifier (un peu) la crédibilité du message au profit de sa diffusion. en l'occurrence, on n'en veut pas à roselyne bosch.