127 heures

127 heures

réal. danny boyle, scénario danny boyle & simon beaufoy, d'après l'oeuvre d'aron ralston "plus fort qu'un roc", int. james franco, kate mara, amber tamblyn, clémence poésy, treat williams, kate burton. 2010, 94'. 3 pouces.

le synopsis
le 26 avril 2003 (comme si ça avait la moindre importance), aron ralston (franco), guide de 27 ans, part dans les gorges de l'utah pour une randonnée en solitaire. comme d'habitude,…


… il n'a prévenu personne, aimant les défis et persuadé qu'il est invincible…

l'avis
la nouvelle gageure de boyle, un huis clos à un personnage, vrai défi narratif et dramatique, est plutôt réussie. il faut dire que tout le film repose sur la performance de james franco, qui n'est pas, on le réalise enfin ici, qu'une belle gueule condamné à des rôles de prétendants éconduits. on le sait, le scénario est une adaptation pas du tout romancée de l'histoire du véritable aron ralston, ingénieur démissionnaire et alpiniste confirmé. au contraire, l'équipe a mis à profit le moindre petit détail qu'il leur fournissait tout au long du tournage. car il a bien sûr joué les consultants, approché qu'il fut par danny boyle pour une adaptation cinoche dès la parution de son livre en 2006.

fidèle à sa veine créative, le réal britannique a d'ailleurs imposé un rythme presque citadin à ces paysages naturels grandioses et a pris le parti – mais pouvait-il faire autrement? – de donner à l'action un réalisme cru sans lequel le suspense tomberait complètement à plat, notamment par le biais de l'image. pour cela, il a confié l'affaire à deux chefs op, armés chacun de caméras, de caméscopes et d'appareils photos, pour choisir ensuite les meilleures images en fonction de l'émotion ou de la tension dramatique à véhiculer. tenir quasiment une heure trente avec un seul personnage dans un même endroit, qui plus est étroit et difficile d'accès (en même temps, la crevasse a été reconstituée en studio – alors, déçus?), tient effectivement du défi. mais les choix de boyle portent leurs fruits car on ne s'ennuie pas une seule seconde et on en vient même à prendre en pitié ce gentil branleur qui se croyait meilleur que tout le monde (dixit l'intéressé) jusqu'à ce que cette aventure tragique change radicalement sa manière de voir la vie. ainsi nous apprend-on, juste avant le générique de fin, qu'aujourd'hui, si ralston fait toujours du sport extrême en solitaire, il dit à ses proches où il va (!!!!!!!!). eh oui, frôler la mort, ça vous change un homme.

pour coller au plus près à l'expérience réelle de ralston, boyle a recours aux flash-backs, mais aussi aux hallucinations et aux visions. ainsi, il revoit sa petite amie dont il ne s'est pas assez occupé, il a tellement soif qu'il s'imagine se noyer dans un orage déchaîné, et la 5ème nuit, il verra également (mais nous pas, curieusement) un petit garçon, celui-là même qu'il a eu l'an dernier avec son épouse et qui, dit-il, lui a sauvé la vie.

on sait comment l'histoire se terminera pour lui au bout de ces 127 heures de calvaire: il s'amputera le bras droit après se l'être cassé, puis, un peu plus tard et dans cet ordre, il rencontrera la gloire, la fortune et l'amour.

on peut lire çà et là que le dernier quart d'heure est insoutenable de suspense. moui. j'ai plutôt l'impression que, comme on sait tout de l'histoire avant même de mettre les pieds dans la salle, on est impatient de voir comment boyle s'en tire pour rendre le récit passionnant et on attend impatiemment le moment fatidique où "il va le faire".

à voir donc, car james y va franco (il est d'ailleurs nommé aux oscars pour ce rôle, en plus de présenter la cérémonie) et donc ça vaut le coût (d'un billet de cinéma), et puis, un danny boyle, depuis petits meurtres entre amis, ça ne se refuse plus jamais.