les émotifs anonymes

Les émotifs anonymes

réal. jean-pierre améris, scénario philippe blasband, jean-pierre améris, int. benoît poelvoorde, isabelle carré, lorella cravotta, stephan wojtowicz. 2010, 80′. 3,5 pouces.

le synopsis
angélique delange (carré) est chocolatière et émotive. à l’excès. à la mort de monsieur mercier, pour lequel elle concoctait incognito depuis sept ans des chocolats réputés, elle doit…


… chercher du travail. et débarque chez jean-rené van den hugde (poelvoorde), à la tête d’une toute petite chocolaterie. et émotif, lui aussi…

l’avis
mais que voilà un joli petit film! les émotifs anonymes est de ceux qui vous font éclater d’un rire attendri et vous font venir la larme au coin de l’oeil, au détour d’une scène inattendue ou par la magie d’un montage habile. leurs mille et une peurs de tout et de rien, qui les rendent spectateurs de leur propre vie (« pourvu qu’il ne nous arrive rien », disait le père du personnage qu’interprète poelvoorde), leurs mille et une petites détresses quotidiennes, qui leur font préférer les coulisses à la scène, l’ombre à la lumière, le retrait à l’exposition, rendent les deux personnages du film totalement attachants. et leur « maladresse sentimentale », pourtant mille fois traitée au cinéma mais revisitée ici pour cause d’hyperémotivité handicapante, ralentit l’explosion de leurs sentiments et ne fait durer le plaisir que pour mieux nous le laisser savourer. histoire et quiproquos, circonstances et personnages secondaires (se faisant complices et adjuvants)… tout dans cette comédie romantique à la française (dans le bon sens du terme) participe d’un univers « gourmand » au charme un peu désuet (la mise en valeur du rouge et du vert nous renvoie à une sorte de flou temporel mais transcrit aussi cette vision du monde qu’ont les hyperémotifs, faite d’énormes inhibitions à l’origine de situations parfois burlesques) et dont on ressort forcément le sourire au coeur.

il faut dire que carré et poelvoorde sont des tout bons et parviennent, avec des petits riens, à communiquer des grands touts.

carré, dont le talent n’est plus à démontrer, qu’on a pu voir notamment dans le magnifique se souvenir des belles choses (zabou breitman, 2002), les sentiments (noémie lvovsky, 2003) ou entre ses mains (anne fontaine, 2005, dans lequel elle donnait déjà la réplique à poelvoorde), poursuit une jolie carrière parsemée de rôles à sa mesure, c’est-à-dire tout en nuances et en sensibilité, que son physique d’éternelle adolescente (elle aura pourtant 40 printemps le 11 mai) rend aussi touchants que crédibles.

de mesure, chez poelvoorde, point, mais plutôt de la démesure. sauf qu’ici il fait montre d’une palette de nuances qu’on ne lui connaît que trop rarement. c’est dire si son talent dramatique est largement sous-employé. car il appartient à cette race d’acteurs dits comiques, coluche et bourvil en tête, suivis aujourd’hui de josé garcia et de jean dujardin, qui explosent littéralement dans des rôles dramatiques.

le réalisateur jean-pierre améris sait de quoi il parle et maîtrise plutôt bien son sujet: il est lui-même émotif. et le choix du chocolat est loin d’être fortuit: gourmandise aux vertus palliatives qui aide à se sentir mieux, dont le parfum et le goût sont liés à l’enfance et dont les anxieux abusent.

moi, de ce genre de films, j’aimerais abuser plus souvent…
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