rui nogueira quitte le cac voltaire

genève et sa politique culturelle (quelle politique culturelle?, entends-je dire) perdent un passionné de cinéma comme on n'en fait plus et qui n'eut jamais les coudées franches pour mener à bien une mission vouée à sinon l'échec, du moins à un accueil poli. rui nogueira a été congédié en décembre dernier, après 32 ans à la tête du cac voltaire – centre d'animation cinématographique – cette association à but non lucratif dont la mission est de promouvoir et de défendre un cinéma de qualité, qu'il soit d'hier, d'aujourd'hui et de demain. ça c'est le blabla qu'on vous sert sur le site internet du cac. la réalité est autre et elle est objet d'amertume pour nogueira, qui déclare avoir fait ce qu'il a pu, et non ce qu'il a voulu, sans avoir jamais dépassé le budget médiocre qui lui était alloué. ce fanatique des intégrales et des rétrospectives, dont il n'a pas fait assez, s'en va après avoir (r)amassé toutes les choses accumulées depuis 32 ans: affiches, dossiers, fiches. son remplaçant, edouard waintrop, très compétent selon nogueira, "n'aura pas la moitié de la liberté que j'ai eue. il y a trop d'intérêts divergents."

source: art. de caroline stevan "une cinémathèque, c'est comme une église", le temps, 3 janvier 2011