clint

Clint (livre)

clint est une biographie passionnante comme on les aime et qui invite à s'y plonger pendant des heures (pour peu qu'on aime clint eastwood, bien sûr), signée de l'écrivain, réalisateur et historien du cinéma richard schickel (avec intro de clint himself).

format généreux, iconographie riche et surtout,…


… des clés pour comprendre l'homme à travers le réalisateur… ou vice-versa, et son oeuvre d'une grande richesse. si, malgré une popularité jamais démentie auprès du public, eastwood n'a pas toujours été dans les petits papiers de certaines autorités, notamment avec son personnage de harry callahan, il n'a jamais cessé de construire une oeuvre dense articulée autour de grands thèmes récurrents: l'éternel recommencement (gloire et damnation), le bien et le mal (symbolisé par une blessure, métaphorique ou réelle), la claustration ou la dimension spectrale de l'espace (même dans de grands espaces), la relation nécessairement douloureuse entre l'individu et la communauté (considérée comme malveillante, voire dangereuse ou faussement protectrice), la transmission.

un parcours classique de jeune premier, jalonné de tout petits rôles, dont sa première apparition à l'écran dans un film oublié (la revanche de la créature, 1955)… suivis de rôles à succès, comme celui de rowdy yates, qu'il tient dans rawhide (1959-1965) et qui lui donnera envie de passer derrière la caméra, comme on dit… de rôles (pas nombreux heureusement) qu'il n'aurait pas dû tenir dans des films qu'il n'aurait pas dû tourner (mais personne n'est parfait et on apprend toujours de ses erreurs), comme la kermesse de l'ouest (joshua logan, 1969) ou haut les flingues (richard benjamin, 1984, sur un scénario de sam o. brown, alias blake edwards, réalisateur notamment de toutes les panthères roses, de 1963 à 1983)… et enfin de rôles mythiques dans des films qu'il a, ou non, réalisés, comme harry callahan dans la série des dirty harry (1972, 1974, 1977, 1984 et 1989), josey wales dans josey wales hors-la-loi (1976, qui marquera par ailleurs le début d'une histoire de 15 ans avec sondra locke, avec laquelle il tournera 6 films), william munny dans impitoyable (1992) ou robert kincaid dans sur la route de madison (1995).

il a décidé que gran torino serait le dernier film dans lequel il apparaîtrait en tant qu'acteur. mais ce créateur infatigable n'en continue pas moins sa carrière de réalisateur, au rythme d'un film par an (voire deux dans le cas de l'échange et d'invictus, sortis à quelques mois d'intervalle seulement). pourvu que ça dure encore longtemps. maximum respect.

clint, de richard schickel, chez flammarion. les fêtes arrivent, c'est pas le moment de dormir: offrez(-vous) une petite somme ;O)!