the american

The american

réal. anton corbijn, scénario rowan joffe d'après l'oeuvre de martin booth, int. george clooney, thekla reuten, bruce altman, violante placido, johan leysen, paolo bonacelli. 2010, 103'. 3 pouces.

le synopsis
jack (clooney), tueur à gages solitaire et fatigué, qui excelle dans la fabrication d'armes à feu, accepte une mission dans un petit village italien. il s'y lie d'amitié avec le prêtre (bonacelli) et s'éprend d'une prostituée (placido), mais annonce à son contact, pavel (leysen), que…


… cette mission sera sa dernière. il n'imagine pas à quel point…

l'avis
attention, ce film est un coup de poing dans la gueule. non parce qu'il s'inscrit dans la lignée des jason bourne et autres james bond mais parce qu'il en est l'exact contraire. j'ai commis l'erreur de me fier aux résumés que j'en avais lus et à l'affiche. si la lenteur de la mise en scène, la simplicité de l'intrigue, la sobriété du jeu des acteurs et le laconisme des dialogues constituaient un contraste plutôt désagréable avec mes attentes (j'en suis même sorti avec une certaine colère), je dois avouer, avec le recul, que j'ai quand même aimé ce film (de toute manière, ce genre-là, on aime ou on s'endort). au fond, j'avais besoin de ce recul pour passer outre cette "déception" et apprécier ce que j'avais vu. exact contraire, donc, du cinéma pop-corn un peu décérébré que l'on regarde distraitement et qu'on oublie. et même s'il n'est pas d'une profondeur métaphysique inouïe, il offre une pause sympa, voire bienvenue, au sein des productions testostéronées habituelles, quelques minutes de douceur dans ce monde de brutes, en somme. et, au passage, une nouvelle preuve (comme s'il en fallait encore) que clooney n'a plus rien à prouver si ce n'est qu'il sait prendre des risques (il ne fonctionne plus qu'à ça, d'ailleurs) en acceptant des rôles à contre-emploi total.

au chapitre des anecdotes, des erreurs, dont certaines grossières, ont été commises dans le film. il y a bien sûr les inévitables mauvais raccords: dans la scène du restaurant entre jack et clara, l'acqua panna se transforme, le temps d'un changement d'angle, en san pellegrino; dans la scène de la rencontre entre jack et mathilde (reuten) au café, les lunettes de mathilde passent, suivant le champ, de la table au visage de l'actrice. mais il y a pire. quand jack et mathilde arrivent au bord de la rivière pour tester le fusil et son silencieux, jack explique que la vitesse initiale est de "360 miles par heure". or, selon des observateurs (connaisseurs, apparemment), les vitesses initiales de ce type d'arme se mesurent en pieds, voire en mètres, par seconde. de plus, le ruger m-14 (en fait un mini-14), par ailleurs arme favorite des héros de l'agence tous risques, est connu pour être le .223 remington le plus bruyant du monde. il est donc peu probable qu'un tueur le choisisse pour un assassinat discret, même avec un silencieux. de plus, quand on sait que la législation italienne sur les armes à feu est très stricte, on peine à croire que quelqu'un se fasse livrer un fusil en pièces détachées par la poste; enfin il n'est pas du tout crédible qu'un tueur méticuleux comme jack est décrit tout au long du film remplisse de balles la boîte de bonbons sans gants.