moi, moche et méchant

Moi, moche et méchant
réal. pierre coffin & chris renaud, int. (voix originales) steve carrel, jason segel, russell brand, (voix françaises) gad elmaleh. 2010, 95'. 4 pouces.

le synopsis
gru est un méchant. il aspire même au titre de plus grand méchant de la planète. mais voilà, vector, son pire ennemi, a réussi un coup incroyablement audacieux qui l'a relégué au second plan. aussi projette-t-il de voler la lune, au moyen d'un appareil qui rapetisse les choses. et puis…


… il croise la route de trois petites orphelines…

l'avis
ces deux méchants, les scénaristes cinco paul et ken daurio ont pris le parti d'en faire deux grands gosses. la rivalité qui les meut rappellent les luttes impitoyablement fratricides qui nous animaient nous dans la cour de récré, lorsque nous espérions vaincre l'ennemi en assénant LA phrase qui tue sur place (genre "ouais ben mon papa, il est plus fort que le tien, d'abord!"). et c'est pour ça que, le postulat étant tout sauf sérieux, ces deux vilains-là sont éminemment sympathiques, voire attendrissants.

frustré de n'avoir jamais, enfant, trouvé grâce aux yeux de sa mère, gru a des velléités de grandeur dans la vilénie. mais force est de constater qu'il est plutôt gentiment loser. plus brillant que lui (à part son pistolet à calamars, le système de sécurité de sa forteresse est plutôt sophistiqué) et plus "sale gosse" aussi, vector cherche quant à lui à exister hors de l'emprise de son implacable banquier de père. expérience fondatrice qui rappellera à beaucoup, peu ou prou, l'origine de leurs succès, personnels ou professionnels, ou… de leurs échecs. mais ces deux-là sont restés des gosses (vector plus que gru dans son aspect physique) et leur lutte, pour planétaire qu'elle soit, ne saurait être prise au sérieux.

comme tout bon méchant, gru a levé une armée pour le moins surprenante, dont l'origine ne nous est pas expliquée (mais on s'en fout): les minions, adjuvants hilarants et maladroits, sortes de gélules jaunes sur pattes, qui parlent une langue qui n'est pas la nôtre mais que l'on comprend tout de même.

doublé dans l'échelle des méchants, gru s'en va donc espionner la forteresse high-tech de vector (ce qui donne lieu, au passage, à quelques-unes des scènes les plus drôles du film, les réalisateurs jouant, à la tex avery, de l'ellipse, de l'accélération et du plan cut avec un art très maîtrisé) dans l'espoir de lui dérober son pistolet réducteur. jusqu'à ce que la solution se présente en les personnes de trois petites orphelines (pour une fois pas du tout horripilantes) en manque d'adoption, venues vendre des cookies (dont vector bâfre, en grand gamin incorrigible et oisif qu'il est). dans son immense "méchanceté", gru fomente alors un plan "diabolique": se faire passer pour un père en manque d'affection et les adopter dans le but secret de pénétrer dans l'antre de son meilleur ennemi, tout en projetant, cela va sans dire, de se débarrasser des fillettes une fois qu'il aura obtenu l'objet de sa convoitise. évidemment, rien ne se passe comme prévu et le roc impitoyable, qu'il est le seul à espérer crédbile, renferme en fait une sorte de marshmallow (qu'on avait détecté dès le départ) qui n'attendait qu'un petit déclencheur pour se révéler dans toute la force de son évidence: attendri, humain, distributeur de bisous, en un mot GENTIL.

à part ça, j'ai eu beau tendre l'oreille, fermer les yeux et me représenter mentalement le bonhomme, je défie quiconque de reconnaître la voix de gad elmaleh dans le rôle de gru.

un petit bijou que ce film, vu hier en avant-première et en 3d (il ne sort que la semaine prochaine en suisse romande, donc), tant dans l'écriture des personnages et la loufoquerie des situations que dans la qualité époustouflante des images.

à voir en priorité!