le bruit des glaçons

Le bruit des glaçons

réal. bertrand blier, scénario et dialogues bertrand blier, int. jean dujardin, albert dupontel, anne alvaro, myriam boyer, audrey dana, christa theret, émile berling. 2009, 87'. 3,5 pouces

le synopsis
c'est l'histoire de charles faulque (dujardin) qui, un beau jour, reçoit la visite d'un homme qui prétend être…

… son cancer. et, comme tout bon cancer qui se respecte, l'homme va s'incruster.

l'avis
le grand blier est de retour. avec une histoire intelligente, tragique, mais chargée à la chevrotine d'un humour grinçant. rien à voir avec le délire d'un buffet froid, la liberté de ton d'un valseuses, la provocation jamais vulgaire d'un tenue de soirée? voire. en vieux briscard du dialogue qu'il est, blier n'a rien perdu de sa verve, le regard qu'il jette sur le cancer, s'il est féroce et sans concession, n'est jamais dénué d'humour, un humour qui naît souvent du bon sens et qui est porté par un trio d'acteurs magnifiques, comme on dit. dujardin, en écrivain jadis célèbre mais gravement alcoolique, qui n'a plus écrit une ligne depuis que sa femme (dana) l'a quitté. dupontel, en cancer impitoyable mais pas antipathique. et alvaro, en servante amoureuse de son patron (dujardin), qui va, elle aussi, recevoir un jour la visite "incrustante" de son cancer à elle (boyer). c'est vrai qu'on ne peut s'empêcher de voir dujardin et dupontel comme des acteurs comiques, même s'ils ont déjà étonné par un jeu d'une richesse insoupçonnée dans des rôles dramatiques (contre-enquête pour le premier, irréversible pour le second). mais c'est justement le choix de ces deux comédiens toujours justes qui fait la force du film et renforce l'ironie du propos, car ils réussissent à nous faire rire (d'un rire intelligent, s'entend) avec un sujet des plus tragiques. le film oscille entre fantastique, comédie amère et tragédie, et la mise en scène "sans effets" s'efface au profit du jeu des comédiens et de l'histoire. en effet, blier a décidé il y a quelques années de faire des films de façon un peu moins ambitieuse et moins esthétique, après avoir constaté que les plans sublimes et les belles lumières n'intéressaient pas grand-monde. retour donc à un cinéma épuré mais efficace, où le naturel et la fluidité de mouvements du steadycam allaient bien avec l'histoire. comme dans tout bon blier, rira bien qui rira le dernier, même s'il n'y a rien de fondamentalement drôle dans cette histoire. oui, blier is back et c'est tant mieux…