splice

Splice

réal. vincenzo natali, int. adrian brody, sarah polley, delphine chaneac. 2009, 107'. 3 pouces

le synopsis
scientifiques en pleine ascension, clive (brody) et elsa (polley) sont parvenus à combiner l'adn de différentes espèces animales pour créer des hybrides qui ne ressemblent à rien de connu. la suite logique de leurs recherches est de fusionner l'adn animal et l'adn humain, mais…

… le laboratoire pharmaceutique qui les subventionne refuse de les soutenir. ils décident alors de continuer leurs recherches en secret…

l'avis
entre réflexion philosophique façon i.a. (qui lui allait jusqu'au bout de sa démarche) et thriller fantastique, voire horrifique, façon la mouche (qui lui prenait un parti et s'y tenait), avec, en prime, un triangle amoureux, les scénaristes antoinette terry bryant, doug taylor et vincenzo natali himself hésitent beaucoup. trop sans doute, empruntant tout au long de ce film (à mon humble avis inabouti) deux routes narratives sans en mener aucune à terme ni apporter des éléments de réponses (ou plutôt si, mais genre "c'est pas bien de manipuler génétiquement, tu vois, ça se retourne contre vous maintenant!"). dommage car les questions étaient prometteuses, même si elles ont déjà été traitées ailleurs: faut-il dire fuck à l'éthique si l'on veut que la science avance? qui, des créatures ou des créateurs, sont les vrais monstres? peut-on aimer une créature que l'on a fabriquée de toute pièce et surtout que faire de son amour si elle se révèle douée de sentiments humains (le thème bouleversant de a.i.)? quelle est la responsabilité du scientifique face à sa création? et tout ça sans compter avec des dialogues sans grande inspiration ("ah, si tout pouvait redevenir comme avant!"). restent les effets spéciaux, très léchés, et la performance "oscarisable" de delphine chaneac, plus "connue" pour ses apparitions dans des séries télé françaises et des petits rôles au cinéma, notamment dans brice de nice, aux côtés de jean dujardin. à voir, mais davantage pour les questions que pour les réponses…

les coulisses
"splice" signifie "enter", c'est-à-dire greffer. ce que font les deux jeunes scientifiques du film, en fusionnant divers adn pour créer un être vivant. l'idée du film est née d'une photo célèbre, celle d'une souris sur le dos de laquelle des scientifiques avaient greffé une oreille. pour le personnage de dren, le réalisateur a opté dès la toute première écriture du scénario (il y a treize ans, juste après cube) pour une créature physique, interprétée par une actrice, et non une créature de synthèse, à laquelle les spectateurs ne se seraient sûrement pas identifiés. delphine chaneac s'est imposée d'emblée car elle possède, selon les mots de natali, une beauté à la limite entre l'humain et le non-humain. en attendant, l'actrice a dû s'habituer à jouer avec des prothèses à trois articulations, quatre doigts, une queue et des ailes. comme elle n'a aucun dialogue, elle s'est inventé un langage fait de trilles et de ronronnements pour communiquer une large palette d'émotions. ce qui rend justement le personnage attachant et émouvant. car dren veut aimer et être aimée. malgré cela, 30% du corps de dren adulte est fait d'images de synthèse (50% quand elle est enfant et 100% quand elle est nourrisson).