robin hood

Robin des bois
réal. ridley scott, scénario brian helgeland, int. russell crowe, cate blanchett, william hurt, max von sydow, mark addy, kevin durand, danny huston, mark strong, matthew macfadyen. 2010, 140'. 3 pouces

le synopsis
modeste archer au service de la couronne d'angleterre, robin longstride (crowe) revient au pays après 10 années passées aux côtés du roi richard Ier, dit coeur de lion, qu'il voit mourir en normandie, alors que ce dernier revient de sa troisième croisade pour défendre son royaume contre la france. le hasard veut que…

robin assiste aussi à la mort d'un chevalier qui lui fait promettre de rapporter son épée à son beau-père, sir walter loxley (von sydow). il tient sa promesse et rencontre la belle-fille de loxley, marianne (blanchett)…

l'avis
honnêtement j'ai redouté, et je ne dois pas être le seul, une resucée de gladiator. d'une part parce que c'est le même tandem et d'autre part parce que le sujet s'y prête à merveille. mais voilà, en vieux briscard, scott a évité le piège. en même temps, j'ai été un peu déçu qu'il ne s'agisse pas d'une resucée de gladiator. car le film peine à trouver le souffle épique qui s'imposait d'emblée dans le plus gros succès de ridley scott après blade runner. vous allez me dire, et vous n'aurez pas tort, à personnage différent, histoire différente. et c'est là que le film est intéressant car il ne retrace pas les hauts faits de robin la capuche mais relate la "transformation" de robin longstride en robin des bois. le mythe fondateur du personnage populaire, en somme. d'où la surprise de le voir combattre pour le roi richard, puis, à la mort de ce dernier, pour son infâme frère jean sans terre qui trahira son peuple, pour son enrichissement personnel, et poussera robin à entrer en résistance, fondant ainsi la légende.

bien évidemment, l'anglais et le français utilisés sont tout ce qu'il y a de plus modernes (il faut ménager les masses laborieuses), comme ce "putain merde!" proféré par le roi de france himself (certes, ces mots existaient déjà à l'époque, mais il est raisonnable de douter qu'un roi les eût prononcés). mel gibson, lui, aurait cherché la vérité linguistique, mais le film n'aurait sans doute pas eu le même impact, d'autant qu'il en aurait sans doute profité pour placer un discours religieux partisan de mauvais aloi. mais je m'égare. cate blanchett est toujours aussi éblouissante de simplicité (mais je ne suis pas objectif) et russell crowe en fait quand même quelques quintaux pour faire le beau ténébreux droit dans ses bottes comme il sait si bien le faire depuis des lustres (grassement payé qu'il est pour le faire, d'ailleurs, même s'il faut bien reconnaître qu'il est assez doué à ce jeu-là).

à noter, dans le rôle de frère tuck, mark addy qui s'illustra naguère dans chevalier (2001, brian helgeland qui, ô comme le monde est petit, est scénariste sur cette production) et jadis dans the full monty (1997, peter cattaneo). à noter également la présence de matthew macfadyen dans le rôle du shérif de nottingham. l'acteur, qui avait interprété le numéro 2 du mi-5 dans les deux premières saisons de la brillantissime série anglaise du même nom, et qui depuis fait une modeste carrière au cinéma, est ici méconnaissable.

pour finir, prenant le (malin) parti de raconter une autre histoire, ce divertissement finalement assez louable car dénué de surenchère d'effets spéciaux ou de prétention outre mesure, se défend plutôt bien et se laisse regarder sans bâillement. il faut je pense redouter la suite, qui risque fort de sentir à plein nez l'épique à effets spécieux…