alice au pays des merveilles

Alice
réal. tim burton, scénario linda woolverton & tim burton d'après l'oeuvre de lewis carroll, int. johnny depp, helena bonham-carter, mia wasikowska, anne hathaway, crispin glover. 2009, 109'. 3 pouces

le synopsis
désormais âgée de 19 ans, alice (wasikowska) est en passe d'être mariée à un aristocrate imbécile. elle retourne dans le pays des merveilles de son enfance où elle va retrouver ses vieux amis et accomplir son destin: mettre fin au règne de terreur de la reine rouge… et accessoirement…

… savoir ce qu'elle veut faire de sa vie…

l'avis
malin de la part du réalisateur et de sa scénariste d'avoir construit l'histoire comme une suite plutôt que de nous avoir servi une énième version du roman de carroll (dont il déclare n'avoir jamais aimé les adaptations). sa patte sert (attention jeu de mots) à merveille le monde de carroll, fable psychanalytique sur notre univers intérieur, fait de terreur et d'émerveillement, de beauté et de zones d'ombre, de désirs impossibles et de joyeux délires. ce monde ne s'appelle-t-il d'ailleurs pas "underland", nom qu'alice, enfant, avait confondu avec "wonderland"? cette interprétation du roman s'adresse clairement, une fois de plus j'ai envie de dire (d'ailleurs, je viens de le dire!), à un public féru de psychologie, à même d'apprécier les arcanes de l'inconscient et de les interpréter à leur juste valeur, au-delà de l'horripilant "ce film est très burton!" que nous servent à tout bout-de-champ ces gens qui n'y comprennent rien et qui veulent passer pour des cinéphiles avertis. force est de constater que ce thème fournit au réalisateur l'occasion rêvée de mettre une fois de plus en scène son univers personnel inimitable. en d'autres termes: ce film est très burton! blague à part, je me suis endormi. naaan, je déconne. si, un peu, quand même. est-ce dû au fait que je me sens peu d'affinité avec alice et le concept psychanalytique de la découverte du moi (qui n'est d'ailleurs probablement pas un concept psychanalytique) ou que je commence un petit peu à me lasser de l'univers de burton? vous le saurez la semaine prochaine dans un nouvel épisode de "piero donne sur les films qu'il voit un avis dont tout le monde se fout" mdr!

les coulisses
l'actrice australienne mia wasikowska n'a que deux ans de plus que son personnage. mention spéciale à anne hathaway pour son interprétation subtilement caricaturale et sa gestuelle maniérée (mais non moins hilarante) de la reine blanche. à noter aussi la présence de crispin glover, qui se fit connaître du grand public pour son rôle de george mcfly, le père couilles molles de michael j. fox dans la cultissime trilogie retour vers le futur (alors qu'en fait il est de trois ans son cadet). ne mesurant évidemment pas les 2m30 de son personnage ilosovic stayne, il a tourné la plupart de ses scènes sur des échasses. helena bonham-carter, qui, ne l'oublions pas, m'a adressé un sourire à la terrasse d'un restaurant à cagnes parce qu'elle m'avait reconnu eh oui, modestement, je connais quelques stars, fermer la parenthèse, et qui est avec burton depuis la planète des singes (2001, donc), a certes été retouchée numériquement pour paraître plus volumineuse qu'elle n'est mais a dû tout de même se farcir chaque jour près de 3 heures de maquillage pour avoir la tête qu'elle a dans le film. quant à mister depp, je l'aime bien mais y en a vraiment ras-le-bol de le voir dans ce genre de rôle. faudrait qu'il passe à autre chose. le surnom de son personnage viendrait du fait que les chapeliers, au xixème siècle, utilisaient une colle contenant une forte concentration de mercure qui finissait, paraît-il, par les empoisonner ou les rendre fous. c'est la 7ème collaboration (et la 4ème d'affilée) de depp avec burton. le tournage, qui a commencé par la dernière scène du film, n'a duré que 40 jours, le reste ayant été complété en post-production. marrant enfin de constater que c'est disney qui distribue le film. quand on sait que burton a commencé sa carrière en tant qu'animateur dans cette grande maison et qu'il en fut viré parce qu'il ne correspondait pas à l'esprit "petites souris et belles princesses". ça prouve qu'il n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis ou que l'ami tim était un visionnaire en son genre… ou les deux!