agathe cléry

Agathe cléry

réal. étienne chatiliez, int. valérie lemercier, anthony kavanagh, dominique lavanant, isabelle nanty, artus de penguern, jean rochefort. 2008, 113'. 3,5 pouces

le synopsis
directrice marketing raciste d'une société de cosmétiques, agathe cléry (lemercier) apprend un jour qu'elle est atteinte de la maladie rarissime d'addison qui pigmente sa peau et la fait devenir noire. commence alors pour elle un parcours initiatique qui lui ouvrira les portes d'une nouvelle vie.

l'avis
mêlant avec bonheur humour et moments musicaux,…

… voici une excellente surprise bourrée de talent. celui de chatiliez, tout d'abord, qui emprunte aux musicals de broadway (notamment la séquence de la gare au début du film ou celle du banc vide éclairé par des réverbères devant notre-dame) l'image, les chorégraphies, la "facture" de son film pour lui conférer cette touche "pas française" du meilleur aloi. celui de lemercier ensuite, dont le personnage n'est pas le plus drôle mais qui, par sa seule prestance, le rend crédible d'emblée et, curieusement, jamais antipathique. les personnages secondaires aussi, que chatiliez a confiés à des acteurs confirmés comme dominique lavanant, jean rochefort ou anthony kavanagh bien sûr, qui, loin de n'être que des faire-valoir, constituent le ciment de l'histoire. les chorégraphies et les chansons enfin, dignes des meilleures comédies d'outre-atlantique. j'ai retenu trois moments: la scène "michael jackson" dans la salle de bains (où il n'est d'ailleurs pas très clair que c'est lemercier qui exécute les pas du moon walk), la danse dans la boîte de nuit sur l'air de tainted love de soft cell et enfin la scène du coup de foudre flamenco entre agathe et quentin. chatiliez s'est même fait plaisir en autoparodiant ses propres pubs éram. on n'éclate jamais de rire car l'humour est subtil. quant au parcours initiatique d'agathe, même s'il est convenu et totalement prévisible, il reste émouvant. à noter le superbe générique de début, dont le thème et la qualité peuvent dérouter par leur décalage apparent, mais qui se révèle, à y regarder de plus près, très en ligne avec l'esprit du film, c'est-à-dire encore une fois très "broadway". bref un film tout à fait sympa dans lequel on entre sans peine et dont on n'aurait presque pas envie de sortir.