slumdog millionaire

Slumdog millionaire

réal. danny boyle et loveleen tandan, scénario simon beaufoy, d'après l'oeuvre de vikas swarup, int. dev patel, mia drake, freida pinto. 2008, 120'. 3,5 pouces.

le pitch
le plus parfait des hasards met un jeune homme misérable sur le chemin d'une réussite exemplaire ou quand l'expression "c'était écrit" prend une dimension à la fois initiatique et mythique.

l'avis
avec son 8ème long métrage (qui est aussi sa 4ème adaptation), danny boyle réussit une fresque discrètement épique sur le thème de la chance, dans les deux sens du terme. la question, légitime au demeurant, qui est posée dès les premières images, de savoir comment un enfant des rues, mendiant pour assurer seul sa survie dans des conditions souvent épouvantables, peut arriver à répondre à toutes les questions d'un jeu sans avoir jamais reçu aucune éducation, trouve tout au long du film, par un jeu habile de flash-back, des réponses qui doivent tout à la chance, c'est-à-dire…

…  au hasard. mais la victoire du personnage, jeune homme de 18 ans qui ne perd jamais confiance – en la vie, en son amour d'enfance, en sa destinée – doit tout à sa chance, c'est-à-dire à sa bonne étoile. la morale de cette parabole (qui, comme toutes les paraboles, a valeur universelle, où que l'histoire se déroule) est que la vraie richesse d'un homme consiste en son intégrité. dans cette logique, le véritablement accomplissement de jamal (patel) n'est pas de devenir  riche à millions, mais de retrouver pour de bon latika (pinto), son amour d'enfance qu'il n'a cessé de perdre et de retrouver. cela étant dit, le film, extrêmement bien filmé et rythmé, méritait amplement ses oscars.

les coulisses
slumdog millionaire est l'adaptation britannique du roman indien de vikas swarup les fabuleuses aventures d'un indien malchanceux qui devient milliardaire. le livre se présente sous la forme de douze nouvelles qui ne suivent pas le personnage de l'enfance à l'âge adulte. il n'y a pas de fil conducteur dans la narration et certaines nouvelles apparaissent comme des petits contes, sans lien avec les personnages. comme dans toute adaptation d'une oeuvre littéraire pour le grand écran, la difficulté était de préserver l'esprit du roman tout en le rendant "digeste" pour le cinéma. pas étonnant que le scénariste simon beaufoy ait reçu, entre autres, l'oscar de la meilleure adaptation. la directrice indienne du casting, loveleen tandan, a également dirigé les enfants et a permis au réalisateur de mieux comprendre la complexité de la vie des rues à mumbai. tant est si bien qu'il lui a confié la direction de la seconde équipe et qu'elle est créditée comme coréalisatrice. l'inde est, paraît-il, un pays difficile pour les tournages. danny boyle et son équipe ont souvent dû ruser et se mêler aux touristes pour travailler. le film est un mélange de technologies: caméras numériques dernière génération, petites et légères, mais aussi appareils photo équipés de disques durs portables et capables de prendre 12 photos à la seconde, permettant au directeur de la photo anthony dod mantle de se promener en faisant croire qu'il prenait des photos alors qu'en réalité il filmait en passant inaperçu dans la foule. les 8 oscars décernés le 22 février dernier (film, réalisateur, scénario adapté, photographie, bande originale, chanson originale, son et montage) sont venus couronner une liste impressionnante de récompenses, notamment 6 british independant film awards, 4 golden globes et 2 screen actors guild awards pour la performance de dev patel et pour celle de la distribution tout entière.